Accès aux réseaux à la large bande dans le Nord : faisons-nous entendre

Les problèmes de connectivité Internet dans le Nord de l’Ontario sont bien connus. Il est ironique que cette technologie révolutionnaire – qui pourrait uniformiser les règles du jeu sur le plan géographique – soit si difficile à offrir dans les régions rurales et éloignées. Qu’il s’agisse de relever la qualité de vie ou de favoriser l’essor des entreprises, les bonnes raisons pour étendre les réseaux haute vitesse à large bande dans le Nord sont innombrables. Si certains secteurs d’Algoma-Manitoulin-Kapuskasing sont bien pourvus en options Internet haute vitesse, la couverture est néanmoins inégale et loin d’être complète. La bonne nouvelle, c’est que les gens du Nord ont la possibilité, d’ici à la fin du mois, de faire part de leur point de vue au CRTC sur le sujet.

En outre, certains projets qui amélioreraient la connectivité haute vitesse dans le Nord sont sur la glace parce qu’on ignore si le nouveau gouvernement donnera suite aux programmes annoncés juste avant les élections. À ce propos, la société Blue Sky Economic Growth Corporation m’a expliqué en détail le plus récent problème qui retient ses projets, dont l’un vise à étendre l’accès haute vitesse le long de la rive nord du lac Huron. Blue Sky me dit qu’au moins cinq projets d’accès haute vitesse dans le Nord sont en suspens parce que le gouvernement libéral a demandé à FedNor de retenir les fonds jusqu’à ce qu’il ait décidé du sort du programme Un Canada branché (une création du gouvernement conservateur).

Or, compte tenu des graves problèmes qui monopolisent l’attention des médias et du gouvernement à l’heure actuelle, il est impossible de savoir si le programme Un Canada branché est là pour rester ou si le gouvernement à d’autres projets en vue. Néanmoins, chaque jour qui passe est un autre jour où notre région est incapable d’atteindre son plein potentiel numérique. L’importance de la connectivité ne fait aucun doute, mais les avantages de la connectivité à haute vitesse ne sont peut-être pas aussi évidents. Ils vont pourtant bien au-delà d’une vitesse de téléchargement convenable. Une connexion rapide et constante est le pivot du commerce numérique, et l’amélioration de notre connectivité faciliterait l’essor économique du Nord.

Manifestement, le gouvernement a son rôle à jouer, en particulier dans le cas des projets en suspens. Mais vous pouvez également agir. D’abord, vous pouvez transmettre vos commentaires au CRTC dans le cadre de l’examen de l’accès aux services de télécommunication de base. Pour que les décideurs aient conscience de notre situation, il faut que les résidents de notre région participent à l’enquête. Pour ce faire, rendez-vous à http://www.crtc.gc.ca/fra/internet/ et remplissez le questionnaire, qui est accessible en cliquant sur le bouton situé au bas de la page (option offerte jusqu’au 29 février prochain).

Par ailleurs, Blue Sky a mis sur pied un site Web public, www.connectednorth.ca, que les gens du Nord peuvent consulter pour connaître les services offerts dans leur région et le nom des fournisseurs, tester la vitesse de leur connexion et obtenir des renseignements sur la technologie à haute vitesse. Selon Blue Sky, le recours à l’« externalisation ouverte » permet à l’entreprise de voir les secteurs ayant besoin de service et de montrer aux fournisseurs de service Internet les aspects à améliorer des systèmes déjà établis.

Ces deux options nous aideront à faire valoir nos points de vue sur l’amélioration de la connectivité. Elles fourniront au gouvernement le type de données qui peuvent l’aider à faire de notre région une priorité et, espérons-le, qui l’amèneront à dégager les fonds annoncés dans le cadre du programme Un Canada branché.