On entend beaucoup parler des contraintes qu’entraîne la réglementation par les temps qui courent, de la façon dont un allègement de la réglementation ravivera notre moteur économique et l’aidera à redistribuer la richesse dans tout le pays. Si on se laisse entraîner par le message, on peut avoir l’impression d’écouter un sermon qui résume l’histoire de David et de Goliath.
Les conséquences du budget du gouvernement Harper se feront sentir pendant encore longtemps au fur et à mesure que les pertes d’emplois deviendront réalité. Cette nouvelle réalité sera exacerbée par la capacité réduite de nos fonctionnaires à exécuter le travail indispensable et elle se manifestera de diverses façons qu’on ne peut envisager quand tout est encore théorique.
Le brouhaha qui a suivi la parution du rapport du vérificateur général le 3 avril peut être qualifié en étant approprié quand on se place dans le contexte du dilemme. Les estimations aberrantes du coût de ces avions de chasse et le fait que le gouvernement conservateur, alors minoritaire, se soit concerté pour cacher à un comité parlementaire tous les renseignements au sujet de cet achat; voilà certaines des raisons pour lesquelles le gouvernement a été, fait historique, reconnu coupable d’outrage au Parlement.
Il y a deux semaines, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) faisait les manchettes parce qu’elle s’était acquittée de sa tâche, ayant averti les Canadiens d’un rappel de produits congelés du bœuf haché provenant d’une usine qui produisait environ 40 p. 100 de tous les produits disponibles au Canada. Le bœuf avait été disséminé dans tout le pays en raison d’un modèle de production selon lequel un petit nombre de producteurs desservent une proportion plus importante du marché national.
Lorsqu’ils ont fait campagne pour former un gouvernement majoritaire, les conservateurs se sont bien gardés de s’attaquer aux pensions et au régime de soins de santé. C’était il y a un peu moins d’un an et depuis, leur perception quant à la situation du pays a beaucoup changé.