Déclaration de Carol Hughes à l’occasion du Jour de deuil pour les travailleurs

« Aujourd’hui, à l’occasion du Jour de deuil pour les travailleurs, nous nous remémorerons les travailleurs qui ont perdu la vie par suite d’accidents en milieu de travail ou de maladies professionnelles et pour offrir nos condoléances à leurs proches. Nous sommes ici pour honorer leur mémoire, pour appuyer les travailleurs malades ou blessés, ainsi que renforcer les uns et les autres notre détermination à apporter des changements qui rendront les lieux de travail plus sûrs.

Dans à peine deux semaines, nous marquerons le 25e anniversaire de l’explosion de méthane à la mine Westray, qui a tué 26 travailleurs. Cette tragédie a eu un effet catalyseur. Une enquête judiciaire a déterminé que la direction était responsable de la tragédie et a mené à l’adoption d’un projet de loi ajoutant la négligence criminelle des entreprises au Code criminel.

Malgré ces progrès importants, les mesures mises en place par suite de l’adoption du « projet de loi Westray » sont rarement appliquées. Les employeurs se sentent donc en sécurité et n’ont pas de raisons urgentes d’améliorer les conditions de travail dangereuses en milieux de travail.

Nos amis du mouvement syndical demandent au gouvernement de travailler avec les provinces et les territoires en vue de l’adoption d’un plan d’action urgent, qui prévoit des mesures visant à former et à guider les procureurs afin qu’ils puissent mettre en application les dispositions ajoutées au Code criminel par suite de la tragédie Westray. Ils demandent que des procureurs spécialisés soient affectés aux dossiers mettant en cause des incidents mortels liés à la santé et à la sécurité en milieu de travail et que des formations et des directives soient données aux policiers pour qu’ils appliquent ces dispositions.

Ces prochaines étapes sont importantes, tout comme les efforts que nous avons déployés de concert avec des activistes syndicaux ici dans la Nord afin d’accroître le nombre d’agents fédéraux de santé et de sécurité dans la région. À l’heure actuelle, notre région est mal servie, et les travailleurs sont exposés à des risques inacceptables.

Les mesures de réduction des coûts qui nous coûtent nos vies ou notre santé sont inacceptables. Il y a en moyenne 1 000 décès liés au travail au Canada tous les ans. À ce nombre s’ajoutent les personnes blessées et celles qui tombent malades au travail. C’est honteux, puisque nous avons en place des lois pour réduire ces nombres.

Nous reconnaissons que les décès, les blessures et les maladies professionnelles ne sont pas toujours le résultat d’une négligence criminelle, mais nous savons aussi qu’un plus grand nombre de cas devraient faire l’objet d’enquêtes et de poursuites. Ce qui manque, c’est la volonté politique d’aviser les employeurs que le moment est venu d’accorder la priorité à la santé et à la sécurité en milieu de travail. »