Emplois précaires aujourd’hui, avenir précaire pour le Canada

Peu importe les indicateurs économiques utilisés, vous aurez beaucoup de mal à convaincre les enfants du millénaire que le Canada leur fait une place sur le marché du travail. Depuis des années, nous constatons que nos jeunes se démènent dans une économie qui semble les faire régresser, plutôt que de leur ouvrir la voie vers les jalons qui résultent d’un bon emploi, comme l’achat d’une propriété, le mariage et le fait de fonder une famille.

Aujourd’hui, 39 % des jeunes Canadiens doivent se contenter d’emplois à court terme ou d’emplois précaires sans avantages sociaux. Au cours des six derniers mois, les néo-démocrates ont écouté ce que les jeunes de partout au pays avaient à dire à propos des emplois précaires. Dans le cadre du forum intitulé La génération précaire : les enfants du millénaire contre-attaquent, nous avons lancé une tournée nationale, organisé des rencontres avec des intervenants et tenu des consultations publiques dans 14 villes, dans 1 territoire et 9 provinces canadiennes sur 10.

Le forum remettait aussi en question la prétendue paresse des enfants du millénaire et visait à recentrer le débat, notamment en ce qui concerne les mesures additionnelles que pourraient prendre les gouvernements pour soutenir ceux qui se composent un revenu en jonglant parfois avec plusieurs emplois pour gagner leur vie.  

La réalité, c’est que chômage et le sous-emploi chez les jeunes tourmentent l’économie canadienne depuis des années maintenant. Pour ce qui est de la « paresse de la génération du millénaire », il y a toujours des exemples de scénarios catastrophiques, tout comme il y a des exemples de scénarios idéaux. Il faut les mettre de côté et se concentrer sur la moyenne, afin de se faire une idée précise des défis auxquels cette génération est confrontée. Et ces défis sont nombreux.

Avec la hausse des emplois précaires qui génère des inégalités de plus en plus marquées, l’avenir de toute une génération est menacé. Le problème ne se limite pas à l’économie de services, étant donné que les emplois précaires sont également en hausse chez les cols blancs. Pensons par exemple aux bibliothécaires et aux enseignants qualifiés qui viennent de terminer leurs études : ils sont coincés aux postes d’entrée et n’arrivent pas à obtenir des postes à temps plein. Une partie du problème s’explique par le fait que les personnes qui obtiennent un diplôme d’un établissement d’enseignement supérieur sont plus nombreuses que les postes à combler.

Il est également important de souligner que le problème ne se limite pas aux enfants du millénaire. La Commission du droit de l’Ontario a indiqué que les femmes, les personnes ethnicisées, les immigrants, les Autochtones, les personnes handicapées, les aînés et les jeunes sont tous surreprésentés chez les personnes occupant un emploi précaire.

Le gouvernement ne peut plus ignorer les défis auxquels sont confrontés les millions de Canadiens qui n’ont pas de sécurité d’emploi et d’avantages sociaux de base. Il y a lieu d’explorer d’autres options. Le type de programme national de garderies que nous avons proposé lors des dernières élections viendrait en aide aux personnes qui occupent un emploi précaire et qui remettent à plus tard le projet d’avoir des enfants. Les prestations transférables pourraient également être utiles pour les personnes qui cumulent les emplois et qui changent d’emploi à plusieurs reprises avant de s’établir. À l’heure actuelle, cependant, le gouvernement ne cherche pas de solutions.

Il ne faut pas se dire que les emplois précaires font partie de la vie. Les néo-démocrates n’acceptent pas que les emplois temporaires, le travail à temps partiel ou le travail de pigiste involontaire, les emplois contractuels continus, les stages non rémunérés, ou les emplois sans avantages sociaux, sans régime de retraite privé ou sans sécurité d’emploi soient des réalités auxquelles nous devons nous résigner. Il faut absolument interrompre la hausse des emplois précaires au sein de la génération du millénaire pour lutter contre l’inégalité des revenus et bâtir un Canada plus équitable.