Il est temps que le gouvernement agisse à l’égard des piètres statistiques en matière d’emploi

Les statistiques du mois de juillet en matière d’emploi ont révélé une chute importante. En effet, 31 000 emplois ont été perdus en juin, ce qui représente le plus important déclin mensuel en cinq ans. Par rapport aux prédictions qui annonçaient que le Canada créerait 10 000 emplois au cours de ce même mois, le contraste est marqué. Nous ne sommes tous que trop bien informés des difficultés que traverse le secteur des ressources canadiennes, particulièrement au chapitre des emplois dans l’industrie pétrolière; n’empêche, ce nombre a l’effet d’un choc étant donné que le gros des dégâts a déjà eu lieu. Nous assistons actuellement à une contraction à l’extérieur du secteur des ressources, dans un segment de la population déjà ébranlé par le sous-emploi, à savoir nos jeunes. 

Ce qu’il y a d’inquiétant, c’est que le gouvernement ne fait pas une priorité des pertes d’emplois. L’absence de réponse officielle porte les observateurs à croire qu’il n’existe pas de plan concret pour s’attaquer au problème. Il est possible que ces données décourageantes aient même pris le gouvernement au dépourvu, mais il y a des choses que ce dernier peut faire. Dans certains cas, il s’agit d’engagements qu’il a pris au cours des dernières élections, mais qui n’ont pas encore été réalisés.

Le rythme apathique des dépenses en infrastructure est préoccupant. Des rapports récents indiquent que le taux des dépenses de relance est à son niveau le plus faible en cinq ans. Ce n’est pas ce à quoi les Canadiens s’attendaient lorsque le gouvernement s’est fait élire en promettant d’accroître les dépenses pour cet outil essentiel de relance économique. Cela dit, la stimulation économique n’est pas la seule option disponible; l’assurance-emploi peut faire beaucoup pour aider à sortir l’économie du marasme du milieu de l’été.  

Compte tenu de la chute spectaculaire du nombre d’emplois en juillet, les néo-démocrates demandent aux libéraux de prendre des mesures afin d’accroître substantiellement l’accès à l’assurance-emploi et de stimuler la croissance de l’emploi. Ils avaient déjà promis d’améliorer l’accès à l’assurance-emploi pour les Canadiens, mais cette promesse ne s’est toujours pas concrétisée pour tant de personnes qui y ont cotisé et qui ont maintenant besoin de ces prestations. À la lumière de ces pertes d’emplois substantielles, il importe plus que jamais de créer un seuil d’admissibilité universel de 360 heures et de rétablir le programme des cinq semaines supplémentaires pour tous les travailleurs saisonniers.

Comme on l’a dit, les données de Statistique Canada montrent un important déclin des emplois à temps partiel chez les jeunes de 15 à 24 ans; mais où donc est la stratégie en matière d’emploi pour les jeunes que l’on nous a promise? Pendant la campagne électorale, on nous a parlé d’un allègement des cotisations d’assurance-emploi pour les employeurs qui offrent des emplois permanents aux jeunes, mais rien à cet égard ne figurait au budget de 2016. Les jeunes Canadiens, qui tentent de prendre pied sur le marché du travail, en souffrent. De lourdes dettes d’études qui augmentent et un marché du travail difficile sans aide gouvernementale ne constituent probablement pas la situation à laquelle s’attendait le nombre record de jeunes ayant voté.

En ajoutant au portrait l’engagement rompu de réduire le taux d’imposition des petites entreprises, il devient clair que la création d’emploi n’a pas l’importance qu’elle devrait avoir pour un gouvernement aux prises avec une économie aussi difficile. Le maintien d’un taux d’imposition élevé coûterait aux petites entreprises 2,2 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années.

Compte tenu des difficultés que vivent tant de familles canadiennes, les libéraux devraient agir immédiatement pour encourager la création d’emploi en engageant des dépenses dans les infrastructures, en améliorant l’assurance-emploi et en donnant aux petites entreprises l’allègement fiscal qui leurs a été promis.