Il existe tant de façons d’aider les petites entreprises à prospérer

Les emplois créés par les petites et moyennes entreprises (PME) comptent pour beaucoup dans la prospérité de nos villes et villages, des provinces et de notre pays, mais le soutien dont les PME ont besoin pour réussir est‑il toujours au centre des préoccupations du gouvernement? C’est loin d’être sûr. Nous entendons beaucoup parler des PME en campagne électorale, mais une fois arrivés au pouvoir, les gouvernements – même s’ils sont majoritaires – ont du mal à remplir leurs promesses. C’est regrettable, parce que les PME sont véritablement le cœur qui fait battre notre économie.

Les chiffres le montrent bien. Au Canada, les petites entreprises créent pas moins de 78 % des nouveaux emplois, et elles représentent environ 27 % du produit intérieur brut du pays . Leurs contributions sont énormes. Par ailleurs, 98 % des entreprises canadiennes sont de petites entreprises qui comptent moins de 100 employés. Rien d’étonnant à ce que les promesses de soutien pour les PME se répètent d’une campagne électorale à l’autre.

L’une des manières d’aider les PME consiste à fixer des limites aux frais d’interchange et de carte de crédit que les banques imposent aux commerçants. Au Canada, ces frais sont parmi les plus élevés au monde. Pour les entreprises, les frais de traitement représentent entre 1,5 % et 4 % du prix de vente. En 2012, leur coût s’est élevé à 832 millions de dollars pour les détaillants. Si l’on tient aussi compte du fait que près des deux tiers des consommateurs paient avec une carte, il apparaît clairement que les banques avalent une partie des bénéfices des PME. En 2013, le Tribunal de la concurrence du Canada a jugé que les conditions imposées par VISA et Mastercard étaient anticoncurrentielles et a demandé au gouvernement de réglementer l’industrie. Dans d’autres pays, les frais facturés aux commerçants sont réglementés, et ils sont beaucoup plus bas qu’au Canada. Par exemple, en Australie, ils s’élèvent à 0,5 %, au Royaume‑Uni, à 0,8 %, et dans l’Union européenne, à 0,3 %.

Une autre façon d’appuyer les PME consiste à faciliter le transfert d’une entreprise entre membres de la même famille. Vous serez sans doute très étonné d’apprendre que, pour un entrepreneur, il est plus rentable de vendre son entreprise à quelqu’un qui ne fait pas partie de sa famille. C’est parce que la différence entre le prix de vente et le prix d’achat original est considérée comme un dividende. J’ai parlé à des agriculteurs qui m’ont dit que c’était l’une des principales raisons pour lesquelles les fermes ne restaient pas dans la même famille. Les néo‑démocrates ont déposé un projet de loi grâce auquel le transfert d’une petite entreprise entre membres d’une même famille aurait été traité de la même manière que la vente à un tiers. La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a appuyé l’idée, mais pas le gouvernement, qui a voté contre le projet de loi.

Enfin, nous pouvons soutenir les PME grâce à l’allègement des charges sociales. Le gouvernement s’était engagé à appliquer un crédit d’impôt pour l’emploi de jeunes, qui aurait exempté les employeurs de payer les cotisations d’assurance‑emploi pendant 12 mois s’ils embauchaient un jeune (âgé de 18 à 24 ans) à temps plein, mais il n’a pas tenu promesse. Cette mesure se fonde sur la volonté de lutter contre le taux de chômage élevé chez les jeunes travailleurs, mais elle arriverait aussi à point nommé, car les entreprises doivent s’ajuster à la hausse du salaire minimum dans certaines provinces. Cette mesure pourrait être mise en œuvre rapidement et elle inciterait les employeurs à embaucher plus de jeunes.

Il est évident que les PME font tourner une bonne partie de notre économie et que, avec un peu d’aide, elles pourraient apporter une contribution encore plus grande. Les mesures présentées ci‑dessus ne sont qu’un exemple de ce que le gouvernement peut faire pour les appuyer. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est la volonté politique nécessaire pour que les PME demeurent l’une des priorités des parlementaires.