It was encouraging to hear the Prime Minister reiterate his commitment to electoral reform this week after recent comments from the Minister of Democratic Institutions had left the process in doubt. All the more important, the statement from the Prime Mi

Il est encourageant d’entendre le Premier Ministre réitérer son engagement à l’égard de la réforme électorale, cette semaine, après que de récents commentaires formulés par la Ministre des Institutions Démocratiques aient semé le doute à l’égard de ce projet. Plus important encore, la déclaration du Premier ministre clarifie une position qu'il a semblé s'éloigner au cours d'une entrevue avec Le Devoir où il a déclaré qu'il ne voit plus le même appétit pour la réforme électorale qu'il a fait quand les conservateurs étaient au pouvoir.

Cette entrevue avait suscité certaines craintes puisqu'elle a laissé entendre que la fin de l'élection présidentielle était davantage une promesse électorale plutôt qu’une décision concrète. L’entrevue a semé le doute quant à l’utilité du Comité spécial sur la réforme électorale, et laissait les Canadiens confus par le processus.

Le dicton « mieux vaut tard que jamais » pourrait s’appliquer aux commentaires formulés par le Premier Ministre cette semaine, puisqu'ils sont arrivés à la 11e heure - un jour avant que le comité dépose son rapport au Parlement.

Le rapport demande la tenue d’un référendum sur la représentation proportionnelle, un système que beaucoup de Canadiens défendent comme un moyen de rendre nos élections beaucoup plus justes. Le scrutin majoritaire uninominal à un tour peut convenir dans un système à deux partis, mais il n’y a pas eu d’élections à deux partis au Canada depuis 1917. Et même à cette époque, des candidats indépendants se présentaient aux élections et des députés indépendants siégeaient au Parlement depuis 1872; d’ailleurs, trois partis se sont affrontés lors de nos toutes premières élections – celui que l’on a oublié depuis s’appelait le Parti anti-confédération. 

La réforme électorale est un processus continu pour une démocratie saine; de nombreux changements ont d’ailleurs été apportés pour en arriver à notre système actuel. Les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1920 et les Premières Nations ont voté pour la première fois en 1960. La Confédération a précédé l'adoption du scrutin secret et le droit de vote n'a été consacré que dans la Charte des droits et libertés en 1982.

La Représentation Proportionnelle (RP) est un système que préconisent les Néo-Démocrates depuis des années. Les Libéraux l’ont appuyée quand ils formaient le troisième parti, lors de la dernière législature.  Ce système a aussi eu l’appui du Parti vert, du Mouvement pour la Représentation Équitable au Canada, d’À l’action, du Conseil des Canadiens, de l’Assemblée des Premières Nations, de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants et de beaucoup d’autres organismes. La Représentation Proportionnelle peut être employée de différentes façons, mais s'efforcent toutes de construire un parlement qui correspond plus étroitement au vote populaire à travers le pays. Ce système obligerait les députés à collaborer de façon non partisane et réduirait la possibilité que tout le pouvoir revienne à un seul parti, voire une seule personne si le chef du parti au pouvoir est un dirigeant autoritaire.

Il reste cependant des obstacles à surmonter. Les libéraux qui siégeaient au Comité disent qu’il est déjà trop tard pour changer de système avant les élections de 2019 et qu’ils n’appuient pas l’idée d’un référendum. Les Néo-Démocrates avaient soulevé des inquiétudes quant au retard dans la mise sur pied du Comité précisément pour cette raison, mais l’échéance n’est pas un problème insurmontable non plus. Le principe des élections à date fixe a été adopté par le Parlement et celui-ci peut facilement être modifié de manière à nous donner le temps de corriger ce système qui accorde couramment aux partis politiques des gouvernements majoritaires pour moins de 50% des voix. Nous avons ici une occasion unique de rendre notre démocratie plus représentative; une occasion que des échéances artificielles ne doivent pas nous faire manquer.