L’écart salarial révèle l’étendue de ce qu’il reste à accomplir

Il est indéniable que les droits des femmes connaissent une ascension constante en Occident. Le mouvement des suffragettes est souvent considéré depuis 99 ans comme un moteur de changement depuis que le droit de vote a été accordé aux Canadiennes. Le Manitoba l’avait accordé deux ans plus tôt, et le Québec, seulement en 1940. Le cours de l’histoire montre que les événements se sont rapidement enchaînés. La lutte pour les droits et l’égalité ne se limite pourtant pas au droit de vote. Il y a aussi l’égalité salariale, un aspect particulièrement réfractaire au changement. C’est pourquoi les néo-démocrates ont soulevé cette question à la Chambre dernièrement.

Après les élections, le gouvernement a attiré beaucoup d’attention, car le cabinet comptait autant d’hommes que de femmes. Les critiques sur l’importance des rôles confiés à des femmes ont été tempérées par cette avancée qui sert d’exemple quant à la composition d’une institution décisionnelle. Avec un peu de chance, la parité au cabinet ne représente que la pointe de l’iceberg dans la lutte pour l’égalité au Canada. La prochaine étape consiste à s’attaquer à l’égalité salariale.

En vue de réaliser cet objectif, les néo-démocrates ont exhorté le gouvernement fédéral, lors d’une journée de l’opposition, à prendre toutes les mesures possibles pour mettre fin à l’écart inacceptable entre les salaires des femmes et des hommes. La motion préconisait aussi la création d’un comité spécial qui tiendrait des audiences et qui proposerait un plan pour mettre en œuvre un régime fédéral d’équité salariale proactif. La motion aurait manqué de mordant sans ces exigences, mais l’inclusion de ces dernières prescrit une prise de mesures.

Les raisons de consacrer des efforts importants pour atteindre l’équité salariale sont solides et indiscutables. La plupart des gens admettront qu’il n’y a là rien de révolutionnaire et qu’il faut faire simplement preuve de bon sens.

Il est bien établi que les femmes sont aussi capables que les hommes. Les femmes continuent à le prouver même pour les métiers très exigeants sur le plan physique comme ceux de soldat et de premier répondant. Encore là, il n’y a rien d’étonnant. Par contre, la surprise réside dans le fait qu’au Canada, les femmes gagnent en moyenne 23 % de moins que les hommes qui pratiquent le même métier. Autre fait étonnant, le Canada accuse beaucoup de retard par rapport au reste du monde développé sur le plan de l’équité salariale.

À l’évidence, il faut faire bien plus qu’admettre le problème. Celui-ci nous est connu depuis des années, mais rien n’a changé. C’est pourquoi les néo-démocrates reconnaissent dans leur motion l’équité salariale en tant que droit. Si elle est considérée comme un droit, les gens seront encouragés à changer leur mentalité et à améliorer eux aussi le sort d’une plus grande partie de la population active.

La motion a été adoptée malgré l’opposition des conservateurs qui ont tenté de la vider de son sens et d’en modifier l’objet à coups d’amendements. Comme leurs amendements ont été rejetés, les conservateurs ont choisi de ne pas voter. Au fond, leur soutien n’était pas nécessaire, et nous avons désormais un engagement qui servira de fondement aux progrès à accomplir.