La députée Hughes affirme que les services de pompiers autochtones sont limités par leur manque de financement

Ottawa – Beaucoup de décès lors d’incendies sur les terres des Premières Nations pourraient être évités, mais il faudrait accorder à ces communautés une attention que le gouvernement fédéral leur refuse, a déclaré Carol Hughes, députée d’Algoma-Manitoulin-Kapuskasing.

La députée Hughes a soulevé la question lors du débat d’ajournement, mercredi, soulignant les facteurs qui font que la sécurité-incendie constitue un défi majeur pour les Premières Nations.

« Trop souvent, les jeunes qui perdent ainsi la vie sont en fait victimes de l’absence de régime réglementaire relatif aux services et aux inspections de lutte contre les incendies dans les communautés des Premières Nations, où n’existe aucune exigence minimale en la matière, a rappelé la députée Hughes. Ce problème de lutte contre les incendies n’est qu’aggravé par le manque persistant – et d’aucuns diront permanent – de logements décents sur les terres des Premières Nations. »

Le financement fédéral insuffisant des services de lutte contre les incendies, la surpopulation et le recours à des poêles à bois pour se chauffer exposent bon nombre des logements de ces communautés à des risques accrus d’incendies catastrophiques. La députée Hughes affirme que le gouvernement est au courant, mais qu’il a décidé de ne rien faire.

« Soit il se satisfait de statistiques galopantes qui font que les incendies domestiques sont bien plus meurtriers dans les communautés des Premières Nations, soit il fait semblant de croire que l’intervention du gouvernement fédéral, au regard de ce problème, est suffisante, affirme la députée Hughes. Le fait que les risques de décès par incendie soient dix fois plus élevés dans les communautés des Premières Nations qu’ailleurs démontre que l’attitude adoptée par le gouvernement pose véritablement problème. »

Si certaines communautés des Premières Nations disposent de moyens de lutte contre les incendies, leur matériel est trop souvent vieillot et elles préfèrent en fait compter sur les services de lutte contre les incendies mieux financés des communautés avoisinantes. La députée Hughes explique que cet état de fait est la conséquence directe d’un sous-financement.

« Celles qui ont la chance de disposer d’un service de pompiers sont contraintes d’intervenir avec un matériel qui est vieillot et dépassé, souligne la députée Hughes. Et tout cela parce que les sommes allouées par le gouvernement à la lutte contre les incendies dans les communautés des Premières Nations ne représentent qu’une goutte d’eau lorsque l’on sait que ce budget de 26,3 millions de dollars doit être partagé entre plus de 600 communautés. »

La députée Hughes affirme que la seule solution consiste à faire en sorte que la lutte contre les incendies dans les communautés des Premières Nations devienne une priorité qui se traduise par un régime réglementaire strict assorti de mesures d’inspection préventives.

« Il s’agit de faire de la vie de ceux qui vivent dans les communautés des Premières nations une priorité de premier plan et non une préoccupation secondaire. »