La sécurité ferroviaire doit être une priorité pour le gouvernement : Carol Hughes

Ottawa – Selon Carol Hughes, députée d’Algoma–Manitoulin–Kapuskasing, le gouvernement ne devrait pas avoir besoin d’une autre tragédie pour se rendre compte qu’il y a encore à faire pour assurer la sûreté du transport ferroviaire.

Lors d’un débat d’ajournement, Mme Hughes s’exprimait sur la série de déraillements qui se sont produits dans le Nord de l’Ontario en février, où trois trains ont quitté les rails, lors de trois incidents distincts. L’accident le plus grave s’est produit près de Gogama, lorsque trois wagons-citernes ont déraillé, avant de prendre feu et de répandre un million de litres de pétrole brut dans la rivière Mattagami.

« L’une des choses que l’on doit retenir de l’événement est que, manifestement, les nouvelles normes pour les wagons-citernes sont encore insuffisantes », a déclaré Mme Hughes. « En fait, le Bureau de la sécurité des transports du Canada recommande vivement à Transports Canada d’adopter rapidement des normes de protection plus sévères afin de rendre les wagons plus solides. »

Mme Hughes a établi un lien entre les déraillements et les mesures de déréglementation prises pendant des années ainsi que l’importante augmentation du transport de pétrole brut par train, qui est passé de 500 wagons en 2009, à 160 000 wagons en 2013.

« Peu importe le point de vue qu’on adopte, il s’agit d’un taux de croissance stupéfiant pour le transport d’une seule marchandise, et l’augmentation de la demande en wagons-citernes capables de transporter de façon sûre ce produit volatile est à l’avenant », a-t-elle indiqué.

Mme Hughes a aussi soulevé la question de la viabilité de la voie ferrée utilisée pour le transport de ces charges extrêmement lourdes, ce qu’a souligné le Bureau de la sécurité des transports dans son rapport provisoire sur le déraillement de Gogama.

« [Le rapport] indique que le seul poids des trains transportant du pétrole a, sur les rails, une répercussion supérieure à la normale, ce qui a peut-être été un facteur du déraillement. »

Mme Hughes a remis en question le bien-fondé de la prise en charge des inspections de sécurité par les compagnies de chemin de fer, une décision qui avait été l’une des principales mesures de la déréglementation amorcée en 1999.

« La pratique qui consistait à veiller à ce que les voies ferrées soient sûres, consiste maintenant à laisser les compagnies nous dire qu’elles sont sûres », a-t-elle déclaré. « Le moment est venu de refouler le courant et de mettre un peu de bon sens dans le processus de sécurité ferroviaire. »