Le 100e anniversaire de la bataille de Vimy : une grande date historique

Le 9 avril sera une date mémorable au Canada, car nous célébrerons alors le 100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy. Cela se produira au cours de la même année où nous fêterons le 100e anniversaire d’autres batailles importantes, telles que celles de Passchendaele et de la cote 70. On a dit que les batailles livrées par les Canadiens au cours de la Première Guerre mondiale, et surtout celles qui ont eu lieu en 1917, ont fondamentalement contribué à façonner l’identité canadienne qui persiste jusqu’à ce jour.

Certes, il importe que nous nous rappelions que la bataille de Vimy ne doit pas être perçue isolément, mais il importe aussi que nous nous souvenions de ce qui lui a conféré un caractère si particulier. À la crête de Vimy, toutes les quatre divisions canadiennes ont été rassemblées pour la première fois de la guerre pour fonctionner et combattre comme un seul corps. Elles essayaient de faire ce qui avait été impossible aux forces alliées en 1914 et en 1915, quand des centaines de milliers de soldats sont morts au cours des tentatives infructueuses faites pour conquérir la crête.

La bataille, qui a commencé le 9 avril pour se terminer le 12 du même mois, a coûté cher au Canada qui a alors perdu près de 10 600 soldats, dont 3 600 ont été tués. Ce fut une des offensives alliées les mieux réussies jusque-là au cours de la guerre : plus de terrain a été conquis, plus de pièces d’artillerie ennemies ont été capturées, et les alliés ont fait plus de prisonniers que lors de n’importe quel autre effort déployé auparavant par les Britanniques ou les Canadiens. La bataille a aussi donné le ton au reste de la guerre et a marqué le début d’une série ininterrompue de succès qui a contribué à mener les forces alliées à la victoire.

Le Canada possède outre-mer huit emplacements officiels qui commémorent sa participation à la Première Guerre mondiale, mais celui de Vimy, conçu par Walter Seymour Allward, est considéré comme étant son principal monument de guerre. Celui-ci se dresse sur les lieux mêmes où nos soldats ont combattu et il évoque leurs réalisations et leurs sacrifices dans une œuvre saisissante alliant l’art au souvenir. Le monument domine le terrain et est situé sur le point le plus haut de la crête, dans un terrain dont la France a fait don au Canada. Y sont gravés les noms des 11 285 Canadiens qui ont perdu la vie en France au cours de la Première Guerre mondiale. Ce chiffre représente à lui seul 17 % de tous les Canadiens tués en Europe au cours du conflit.

Cent ans plus tard, il est inconcevable que l’on songe à envoyer des adolescents et de jeunes adultes faire le travail que le Canada a demandé à sa jeune population d’accomplir au cours de la Première Guerre mondiale. Le monde est très différent aujourd’hui, et cela est dû en grande partie à la liberté et au sens du bien et du mal pour lesquels les jeunes Canadiens ont combattu au cours des deux guerres mondiales.

Quand nous instruisons les jeunes Canadiens sur la nature du sacrifice consenti par leur pays et sur l’ultime tribut payé par de nombreux patriotes au cours de la Première Guerre mondiale, nous les renseignons aussi sur les événements qui ont formé leur pays, surtout sur ceux qui ont valu à leur pays une place sur la scène mondiale. Il nous incombe de faire en sorte que cette histoire ne meure pas, que ce sacrifice conserve son importance pour ceux qui profitent du monde dont ils ont hérité, qui a été façonné par de grandes batailles et dont de magnifiques monuments racontent l’histoire.