Le système de paie Phénix revient hanter le gouvernement

Dans la mythologie, le phénix renait sans cesse de ses cendres. C’est donc un symbole approprié pour le pauvre système de paie fédéral du Canada, qui ne cesse lui aussi de revenir dans l’actualité – mais toujours pour ses problèmes. En effet, Phénix  est devenu un mal de tête qui ne disparaît jamais pour le gouvernement, et aucune solution n’est encore à l’horizon.

Selon le vérificateur général, Michael Ferguson, la correction des défauts du système Phénix prendra plus de temps et coûtera plus cher que prévu. Dans un rapport qu’il a déposé au Parlement cette semaine, M. Ferguson montre que les gouvernements successifs n’ont pas réussi à régler les problèmes de Phénix, problèmes qui se sont répercutés sur des milliers d’employés. Les nouvelles ne sont donc pas bonnes, et l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) a  demandé au gouvernement d’envisager de changer simplement de système.

Pourtant, les faiblesses de Phénix étaient connues avant sa mise en œuvre, mais le gouvernement a choisi de ne pas écouter les syndicats et les fonctionnaires qui recommandaient de reporter le lancement. Résultat : plus de la moitié de tous les fonctionnaires ont eu des difficultés à toucher leur paie, et les problèmes continuent. Le gouvernement avait promis que tout serait réglé d’ici la fin d’octobre 2016, mais voici que, un an plus tard, la situation n’est toujours pas corrigée. Les néo‑démocrates sont d’avis que, comme le gouvernement n’a toujours pas trouvé de solution, il devrait maintenant envisager le plan B proposé par l’IPFPC.

À cause de Phénix, des milliers d’employés ont reçu des paiements en trop, ou au contraire n’ont pas reçu une partie voire la totalité de leur paie. Le vérificateur général croit qu’il faudra des années pour réparer les dégâts. Selon lui, le gouvernement sous-estime combien de temps et d’argent il faudra investir dans une solution à long terme (pour l’instant, il a mis de côté 540 millions de dollars). Dans son rapport, M. Ferguson a appelé le Conseil du Trésor du Canada et Services publics et Approvisionnement Canada à suivre le déroulement des mesures correctives et à faire un rapport publique des résultats.

À ce jour, 265 000 fonctionnaires ont été affectés par les problèmes de Phénix, et le nombre ne cesse d’augmenter. Les néo-démocrates appuient la proposition de l’IPFPC, qui veut que le gouvernement envisage un plan B puisque Phoenix continue d’être un problème coûteux pour le Canada et les employés de la fonction publique. L’expérience et l’expertise des fonctionnaires responsables de la rémunération ainsi que des syndicats devraient être au cœur de la mise au point de ce plan B; il ne faut pas que le gouvernement fasse à nouveau l’erreur de passer outre aux avertissements de ceux qui sont au cœur de la tempête.

La ministre responsable de Phénix n’a pas exclu que les coûts pourraient dépasser 1 milliard de dollars, et on ignore quand les problèmes seront définitivement réglés. Ainsi donc, un système qui était censé permettre des économies de 70 millions de dollars par année risque en fait de coûter aux contribuables 1 milliard de dollars, sans que nous obtenions grand-chose en retour. Il est évident que la sous-traitance n’est pas la solution, mais qu’il faut plutôt reconstruire à l’interne le système de paie fédéral.