Le train de voyageurs d’Algoma devrait être en tête de liste pour le gouvernement

À la mi-juillet, cela fera un an que les trains de voyageurs d’Algoma ont cessé de rouler. Le service a cessé lorsque Railmark, le tiers exploitant, n’a pas pu trouver les fonds nécessaires pour soutenir sa proposition d’assurer la liaison entre Sault Ste. Marie et Hearst. Malgré ce coup dur, le Groupe de travail sur les trains de voyageurs d’Algoma n’a pas perdu de vue son objectif et a trouvé une solution qui permettrait au service de prospérer. Il y a un seul accroc : Transports Canada n’a toujours pas confirmé si les fonds réservés à cette ligne dans le Budget de 2015 étaient encore disponibles.

Aux termes de la proposition actuelle, la ligne serait exploitée, à des fins non lucratives, par la Première Nation Crie de Missinabie et un conseil d’administration représentant les Premières Nations, les municipalités et des intervenants socio-économiques concernés par le train de voyageurs d’Algoma. Le Groupe de travail estime qu’il est possible de faire rouler le train à un coût moindre tout en créant plus d’emplois et en générant des recettes fiscales plus élevées. Ce dernier point est important, puisque les recettes fiscales réalisées par le passé compensaient amplement le coût de toute subvention. Vu de cette façon, l’investissement fédéral procurait déjà un avantage net pour les coffres de l’État. La décision de remettre sur les rails ces trains devrait donc aller de soi.

Des arguments économiques encore plus solides peuvent être avancés en faveur du rétablissement du service. Selon une étude réalisée en 2015 par BDO Canada, le service ferroviaire crée une activité économique directe et indirecte se chiffrant entre 28 et 38 millions de dollars par année. De plus, le service soutient entre 170 et 220 emplois, tout en générant des recettes fiscales qui font plus que compenser la subvention annuelle offerte initialement et dont l’élimination est à l’origine du problème actuel.

Le gouvernement doit aussi penser aux risques pour la sécurité des personnes qui doivent se rendre dans les régions éloignées qui étaient desservies par le train de voyageurs. En l’absence de service, les résidents des collectivités desservies par ce chemin de fer, et en particulier ceux d’Oba, les propriétaires fonciers et les particuliers qui gagnent leur vie le long du chemin de fer sont obligés d’emprunter des routes privées en forêt qui ne sont pas entretenues à des fins publiques, ni patrouillées par des corps policiers. Ils peuvent y rester coincés par des affaissements, des congères et d’autres obstacles. Rien n’oblige les propriétaires à entretenir ou à réparer leurs routes, contrairement aux routes qui desservent les collectivités qui ne dépendent pas du service ferroviaire. Pire encore, certains propriétaires n’ont plus aucun moyen d’accéder à leurs terres.

Ce sont là toutes de bonnes raisons de débloquer les fonds qui ont déjà été mis de côté et de rétablir le service de transport ferroviaire de voyageurs. Par ailleurs, il y a beaucoup d’espoir que la Première Nation responsable réussisse à améliorer et à élargir le service. Elle a retenu les services de spécialistes ayant une expérience de l’exploitation de lignes de train de voyageurs et elle a une vision qui ne mesure pas seulement la réussite en dollars constants.

Or, le gouvernement fédéral refuse de dire s’il honorera l’engagement pris dans le Budget de 2015 d’accorder des fonds pour les trains de voyageurs d’Algoma. Au début, le silence pouvait s’expliquer par l’arrivée d’un nouveau gouvernement, qui devait s’installer et prendre la mesure des choses. L’élection est maintenant chose du passé. Il est grand temps pour le ministre et le ministère de prendre la bonne décision et d’aider à rétablir le service ferroviaire pour voyageurs à Algoma.