Les aînés méritent leur propre ministère et ministre

Le fait qu’un trop grand nombre d’aînés canadiens ont du mal à joindre les deux bouts n’est un secret pour personne. Alors que notre population devient de plus en plus âgée, les défis associés à cette situation ne font que s’accentuer. C’est la raison pour laquelle le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées (HUMA) a mené une étude sur la Promotion de l’intégration et de la qualité de vie des aînés canadiens.  Le Comité a fait rapport au Parlement la semaine dernière et bien que les recommandations constituent un pas dans la bonne direction, les néo-démocrates estiment qu’elles auraient pu aller plus loin, de sorte que le Canada soit mieux préparé pour l’avenir.

Le rapport du Comité tombe à point nommé puisque nous allons bientôt franchir des étapes clés en ce qui concerne le vieillissement de la population. Selon Statistique Canada, il y aura davantage d’aînés que d’enfants de 14 ans et moins d’ici 2021, une première au Canada. Et dans à peine sept ans, les aînés représenteront le quart de la population du pays. D’ici 2036, on s’attend à ce qu’il y ait 10,9 millions d’aînés au Canada. Pour prendre les devants dans ce dossier, nous devrons agir rapidement.

Le rapport du Comité HUMA contient des recommandations fermes pour améliorer le logement, les soins à domicile, l’accessibilité, l’inclusion sociale, les collectivités-amies des aînés et plus encore. Nous avons maintenant besoin d’un leadership fort de la part du gouvernement pour mettre ces idées en œuvre. En plus de soutenir les efforts du Comité HUMA, les néo-démocrates ont présenté un rapport minoritaire. Ce rapport demande la mise en place de mesures qui combleront les lacunes constatées dans  le rapport du Comité, et demande plus particulièrement un ministère et un ministre chargés de défendre les aînés au niveau du cabinet.

Pourquoi? Parce que les problèmes vécus par les aînés sont trop souvent négligés. Sans ministère chargé spécifiquement de la supervision et de la mise en œuvre d’une stratégie nationale et de programmes connexes, les aînés continueront de se perdre dans le ministère actuel, qui est de taille démesurée. Le NPD demande au gouvernement de créer un ministère fédéral à part entière pour les aînés, dirigé par un ministre des Aînés, afin de superviser une stratégie nationale qui garantira des revenus adéquats, le renforcement des services et la planification en vue de l’imminente « vague grise ».

En plus du nouveau ministère, le rapport minoritaire du NPD indique qu’il faut immédiatement mettre en œuvre une stratégie complète et à long terme pour aider les aînés, particulièrement ceux issus de groupes à haut risque, notamment les Autochtones, les femmes qui vivent seules, les personnes s’identifiant comme membres de la communauté LGBQT2, les minorités raciales et les immigrants récents. Dans ses autres recommandations, le NPD demande un programme national d’assurance-médicaments pour aider les aînés, et recommande de porter une attention spéciale aux aînés vivant dans des régions rurales ou éloignées. Le rapport recommande aussi une meilleure formation et supervision des travailleurs offrant des soins à domicile, une protection contre l’exploitation financière, des améliorations au Supplément de revenu garanti (SRG) et un renforcement des règles pour les entreprises afin qu’elles respectent leurs obligations envers leurs employés en matière de pension.

Le moment d’agir est clairement arrivé et le rapport du Comité HUMA est une assise solide qui peut nous guider. Un Canadien sur quatre sera bientôt un aîné et dans les faits, l’âge d’or est loin d’être doré pour un trop grand nombre d’aînés vulnérables.  Avec un peu de planification et les ressources adéquates,  nous pouvons veiller à ce qu’un plus grand nombre d’aînés puissent vivre en sécurité et avecla dignité qu’ils méritent.