Les avertissements de Santé Canada sur les cellulaires doivent être clairs et diffusés largement

À l’été 2010, j’ai parlé d’un groupe de parents de Collingwood qui tentait de faire sortir la technologie Wi-Fi de l’école de leurs enfants. J’ai entendu leur histoire lors d’une audience d’un comité parlementaire auquel je siégeais, qui étudiait les émissions de micro-ondes par les dispositifs sans fil, comme les cellulaires et les modems.

Le comité a entendu des témoignages et des avertissements contradictoires de la part de scientifiques, de groupes et de particuliers. Certains disaient que le code canadien qui réglemente le seuil tolérable d’émissions par un dispositif n’était pas assez sévère. Les représentants de Santé Canada n’étaient pas du même avis.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis. D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé a reclassé les émissions de micro-ondes provenant de dispositifs sans fil au niveau 2b parmi les cancérogènes possibles pour l’homme.  Les preuves qui lient ces émissions au cancer sont donc suffisantes pour qu’un avertissement soit lancé. De son côté, Santé Canada affirme maintenant qu’il faut limiter le temps que passe un enfant au cellulaire.

Est-ce que ceci signifie que les adultes doivent aussi? C'est maintenant évident que la technologie Wi-Fi, les moniteurs de bébé, les téléphones sans fil et les cellulaires représentent suffisamment de risques pour les enfants pour qu’on en limite l’utilisation à la maison. On peut tout simplement éteindre le réseau Wi-Fi quand il ne sert pas ou passer à un système câblé, en vente dans tous les magasins d’électronique. On peut mettre le cellulaire en « mode avion » si l’enfant dort à proximité de son cellulaire. Ce mode élimine les émissions sans pour autant limiter les applications et la fonction de réveille-matin.

Le Canada fait piètre figure dans ce domaine et a du rattrapage à faire par rapport aux pays européens, surtout en ce qui concerne les avertissements. Selon le Conseil de l’Europe, qui conseille le Parlement de l’Union européenne, toutes les écoles devraient opter pour des connexions Internet câblées et délaisser la technologie Wi-Fi. Ici, au Canada, il y a eu quelques progrès dans le dossier. Par exemple, le conseil scolaire de Saanich, sur l’île de Vancouver, a officiellement interdit la technologie Wi?Fi dans toutes les écoles primaires en avril dernier. En décembre, une école privée de Collingwood a remplacé son réseau Wi-Fi par un réseau câblé, imitée par une école de Peterborough, en octobre.

Pour certains, la question demeure épineuse. Ces dispositifs sont pratiques et très représentatifs de notre époque. Toutefois, la prudence doit l’emporter sur l’aspect pratique, surtout quand il est question de la santé des enfants. L’avertissement de Santé Canada n’a peut-être pas été entendu par suffisamment de gens et devrait être diffusé à plus grande échelle. Il faut que la population soit consciente des risques et sache qu’il y a des moyens plus sûrs de profiter des dispositifs sans fil.