Les bons emplois: seront-ils chose du passé?

En matière d’emploi, les jeunes canadiens sont sur le fil du rasoir. Ils sont souvent forcés d’occuper des emplois précaires et sont plus susceptibles d’accepter des stages non rémunérés ainsi que des emplois occasionnels, temporaires ou à temps partiel. Un peu moins de la moitié des Canadiens de 15 à 29 ans doivent accepter ce type de travail à mi-temps, instable et peu payant. Cette situation découle du fait que les employeurs comptent de plus en plus sur des contrats à court terme plutôt que d’investir dans des employés qui, en offrant de meilleures perspectives de loyauté, favoriseraient une saine relation entre les travailleurs et les employeurs.
Les néo-démocrates ont récemment lancé une consultation nationale sur les effets qu’a la précarité de l’emploi sur la génération Y. L’écart entre riches et pauvres s’accentue au Canada et l’instabilité des conditions de travail de la population active ne fait qu’aggraver les choses. Il est manifestement le temps d’agir pour éliminer les inégalités, opérer des changements, établir des niveaux de vie acceptables et favoriser une plus grande stabilité des revenus.
Pour de nombreuses personnes, l’idée d’un emploi permanent et syndiqué offrant des avantages sociaux et une sécurité d’emploi est une chose hautement improbable, voire impossible. Outre la génération Y, les taux d’emplois précaires sont aussi plus élevés chez les groupes marginalisés, comme les femmes, les minorités raciales, les nouveaux immigrants, les peuples autochtones et les personnes handicapées. Pour certains, le travail autonome constitue la solution. Mais ce type de travail n’offre ni sécurité, ni pension, ni avantages sociaux. Il est aussi nécessaire de trouver ses propres clients et de s’occuper de toute sa comptabilité; et malgré toutes ces contraintes, ce n’est pas tout le monde qui a la chance de pouvoir le faire.
Tous ces facteurs s’ajoutent aux inquiétudes que ressentent les jeunes en se démenant pour planifier leur avenir. Ceux-ci ne peuvent rembourser leurs dettes d’études, payer le loyer ou même faire l’épicerie, encore moins acheter une maison ou fonder une famille. Les frais de scolarité ont augmenté de 10 % annuellement au cours des seize dernières années – oui, de 160 % depuis 2000. Cette augmentation alourdit le fardeau de la dette des étudiants et force les nouveaux diplômés à accepter des emplois moins stables et moins payants que ce qu’ils espéraient.
Il ne s’agit pas que d’argent. De nombreux problèmes de santé mentale chez les jeunes découlent directement de la précarité du travail. Le manque d’expérience ou de formation et la méconnaissance des droits des travailleurs font que ce type d’emplois comportera souvent plus de risques pour la santé et la sécurité. Nombre de jeunes travailleurs craignent de perdre leur emploi s’ils soulèvent un problème lié aux droits en matière d’emploi. Des niveaux élevés de stress ont aussi des répercussions sur la santé; ils augmentent notamment les risques de maladie cardiovasculaire, de cancer et d’AVC. Posez-vous la question suivante : comment se payer des traitements et des médicaments sans avantages sociaux, sans assurance-maladie ou sans l’argent nécessaire? Voilà ce que se demandent sans cesse ces travailleurs.
Les néo-démocrates sont conscients que les travailleurs qui occupent un emploi précaire sont en train de devenir l’épine dorsale de notre économie. Ce n’est pas acceptable. Les travailleurs d’aujourd’hui doivent avoir de meilleures conditions. Pour ce faire, il faut que le gouvernement s’engage à renforcer et faire appliquer les lois du travail afin d’empêcher le recours abusif aux stages non rémunérés, corriger le programme d’assurance-emploi de manière à ce que les travailleurs puissent compter sur les prestations dont ils ont besoin et prendre des mesures concrètes afin de remédier à l’absence d’assurance-maladie ou d’assurance des soins dentaires pour ceux qui ne profitent pas d’avantages sociaux au travail, pour ne nommer que quelques mesures seulement. Beaucoup au Canada souhaitent le retour de l’équité; avec ces idées, nous avons une chance d’y arriver.