Les consommateurs méritent la meilleure protection possible, mais ils ne l’obtiennent pas toujours.

Une constante de notre vie aux latitudes septentrionales réside dans le fait que nous misons sur le carburant comme source d’énergie. Certains d’entre nous chauffent encore leur résidence avec du mazout, et la plupart conduisent des véhicules à essence, de sorte que nous sommes très conscients des fluctuations du prix du carburant. Nous savons que le cours du baril de pétrole augmente, car cela se reflète immédiatement dans le prix de l’essence à la pompe; cependant, quand le cours du pétrole baisse, la correction est loin d’être aussi rapide pour les consommateurs. Cela contribue à créer l’impression que les sociétés de distribution d’essence fixent les prix à la pompe.

Les doutes au sujet du prix de l’essence demeurent infondés, mais il y a récemment eu des exemples de fixation des prix et d’altération de produits pour inciter les consommateurs à acheter des produits de remplacement. Par exemple, de nombreuses personnes ont récemment accepté une carte d’épicerie de 25 $ de Loblaws. La carte est ainsi offerte parce que l’entreprise a admis en décembre qu’elle avait été partie à un stratagème pour gonfler les prix du pain, stratagème qui a duré pendant 14 ans. L’entreprise s’est empressée d’offrir des cartes-cadeaux aux consommateurs pour tenter de regagner la confiance des consommateurs à l’égard de sa marque, mais elle se prépare aussi à faire l’objet d’un recours collectif d’une valeur d’un milliard de dollars, recours qui mentionne Loblaws et d’autres magasins d’épicerie. Le procès est intenté sous la direction d’une citoyenne d’Elliot Lake, Irene Breckon, qui milite contre la pauvreté et qui est indignée par l’idée qu’une carte de 25 $ pourrait excuser des années d’exploitation des consommateurs.

Le scandale a pris des proportions beaucoup plus graves quand le Bureau de la concurrence a fait savoir que, selon lui, les grossistes Canada Bread Company Ltd. et George Weston Ltd. ainsi que les détaillants Loblaws, Walmart, Sobeys, Metro et Giant Tiger avaient commis des actes criminels aux termes de la Loi sur la concurrence, en fixant le prix du pain. C’est là un important fait nouveau qui devrait retenir l’attention de la majorité des Canadiens et de tout autre secteur qui fixe les prix.

Mis à part le travail du Bureau de la concurrence, les parlementaires ont un rôle à jouer pour protéger les consommateurs. Pas plus tard que cette semaine, le Comité parlementaire de l’industrie, des sciences et de la technologie a adopté une proposition du NPD concernant la tenue d’audiences sur le récent scandale des piles des appareils iPhone d’Apple. Le Comité fera enquête sur la déclaration d’Apple selon laquelle la vitesse des appareils iPhone 6 et d’autres modèles a été réduite délibérément par suite de la mise à niveau récente du système d’exploitation. Les propriétaires de téléphones se sont indignés qu’Apple ne les ait pas informés que la mise à niveau ralentirait la vitesse de navigation de leur appareil et ils estiment que c’était là un stratagème pour les amener à vouloir se procurer des téléphones plus récents et plus rapides.

Au cours des prochaines semaines, le Comité invitera Apple et d’autres intervenants à Ottawa pour discuter des conséquences de ce scandale pour les consommateurs canadiens. Étant donné qu’Apple vient d’enregistrer de nouveaux records au chapitre des profits et des revenus, elle aura fort à faire pour s’expliquer. Son complot axé sur l’obsolescence planifiée de ses produits a été exécuté presque parfaitement, mais en fin de compte, il a été dévoilé. L’étude du Comité devrait aider à amorcer une discussion plus large sur la relation entre les producteurs et les consommateurs.

Ce sont là deux exemples montrant que les intérêts des consommateurs sont pris au sérieux, mais le gros problème demeure les prix de l’essence à la pompe. Les néo‑démocrates proposent depuis longtemps de créer un bureau de l’ombudsman qui aiderait à empêcher la fixation des prix de l’essence. Jusqu’ici, aucun des autres partis politiques n’a voulu s’associer à eux. Les exemples récents de fixation des prix et d’obsolescence planifiée amèneront peut‑être plus de parlementaires  à comprendre que beaucoup favoriseraient la mise en place d’un solide régime de supervision dans ce secteur également.