Les libéraux s’empressent de répéter l’erreur des conservateurs au sujet du train de voyageurs d’Algoma, affirme la députée Hughes

Sault Ste. Marie – Bien que le train de voyageurs d’Algoma se soit révélé un avantage indéniable pour l’économie du Nord de l’Ontario, le gouvernement libéral s’empresse de répéter les erreurs de son prédécesseur, affirme Carol Hughes, députée d’Algoma-Manitoulin-Kapuskasing.

La députée a réagi à une correspondance du ministre des Transports indiquant que ce dernier est sur le point d’abandonner le train sur une voie d’évitement et de se débarrasser du dossier auprès d’une autre ministre plutôt que d’appuyer une proposition du Groupe de travail sur le train de voyageurs d’Algoma et des Cris de Missanabie voulant que le train soit exploité sous la forme d’une organisation sans but lucratif par la Première Nation.

« Ce service, qui constitue un élément clé de l’économie touristique de cette partie du Nord de l’Ontario, a des retombées économiques directes et indirectes qui avoisinent les 28 à 38 millions de dollars, a affirmé la députée Hughes. De plus, il génère des revenus fiscaux supérieurs au coût de la subvention perdue et le fait d’appuyer ce service de voyageurs devrait aller de soi. »

À sa sortie d’une rencontre avec le Groupe de travail, Mme Hughes a cité des chiffres d’une étude de 2015 démontrant que la viabilité économique a déjà été confirmée, tout en s’empressant de souligner que cette ligne dessert des collectivités éloignées et que le ministère ignore complètement ce fait dans son raisonnement.

« Le ministère affirme que toutes les collectivités de la ligne sont desservies par des routes publiques, mais nous savons bien que c’est faux, a affirmé Mme Hughes. Nous savons tous pertinemment qu’Oba ne dispose pas de route publique et que des résidents et des entreprises vont se retrouver sans accès à leur propriété en raison de l’abandon du service. »

Le chef de la Première Nation crie de Missanabie, Jason Gauthier, a aussi été très critique de la décision des ministres et a déclaré avoir le sentiment que les progrès réalisés avec le CN sont mis en péril par des ministères qui se refilent le dossier comme une patate chaude.

« L’obligation permanente de Transports Canada envers le service de voyageurs est abandonnée », a déclaré le chef Gauthier. Les Premières Nations s’inquiètent également de l’accès aux terres traditionnelles, et il s’agit donc de bien plus que de trois collectivités sur la ligne. Affaires autochtones et du Nord Canada a un rôle à jouer dans ce dossier, mais ce dernier relève également de Transports Canada.

La députée Hughes affirme que le ministre devrait respecter l’engagement qui avait été pris d’aider un exploitant tiers à prendre le relais et ferait mieux de réfléchir à deux fois aux multiples retombées de ce qui n’est finalement qu’un modeste investissement fédéral dans la région.

« La population a voté pour le changement, mais rien ne change », a déclaré la députée Hughes avant d’ajouter : « Le ministre doit collaborer avec le Groupe de travail et s’assurer que cet élément d’infrastructure capital revienne sur la bonne voie ».