Les troubles alimentaires : mortels et mal compris

Quand j’ai rencontré des représentants de la National Initiative for Eating Disorders (NIED) il y a plus d’un an, j’ignorais que nous allions bientôt travailler ensemble pour tenter de faire la lumière sur les difficultés que vivent les personnes atteintes de ces troubles et sur les conséquences pour leurs proches. Comme bien d’autres, je savais que les troubles alimentaires causaient beaucoup de souffrances, mais j’ai été vraiment étonnée d’apprendre le mode de fonctionnement de ces maladies mentales chroniques d’origine biologique.

Selon la description qu’en donne la NIED, ils sont mal compris et mal soignés et leur traitement est mal financé. Ses représentants m’ont expliqué que les troubles alimentaires sont considérés comme la maladie mentale la plus mortelle, entraînant la mort 12 fois plus souvent que toute autre. Les effets cumulatifs d’un déséquilibre entre le poids corporel et l’alimentation font boule de neige, agissant sur le cerveau de la personne d’une manière qui ne fait qu’aggraver son obsession constante de la nourriture.

Ces troubles se soignent, et une thérapie précoce offre les meilleures chances de succès. La dure réalité c’est que le remède pour les personnes atteintes est également un élément central de la maladie : la nourriture. Les thérapies varient selon les personnes, mais les thèmes communs comprennent le courage et le soutien.

Cela prend du courage pour demander de l’aide, et les parents, familles, conjoints et partenaires ont un rôle important à jouer. La NIED insiste sur le fait qu’une personne atteinte d’un trouble alimentaire a besoin d’encouragement, car guérir prend du temps et beaucoup d’effort, et les progrès ne se font pas en ligne droite. Les proches aidants peuvent se rendre compte qu’ils ont besoin d’aide aussi, puisqu’il peut être épuisant sur le plan émotionnel d’accompagner quelqu’un qui cherche à se remettre d’un trouble alimentaire.

Il me paraissait important que les parlementaires ajoutent leurs voix à celles qui s’élèvent contre une image corporelle négative et qui réclament des efforts accrus de sensibilisation, de recherche et de perfectionnement des soins pour les troubles alimentaires. Je me suis concertée avec la NIED et nous avons convenu d’organiser une réception que j’ai tenue tôt en février et qui a réuni de nombreux députés et sénateurs ainsi que l’épouse du premier ministre. L’idée que le Parlement pourrait en faire davantage dans ce dossier ayant recueilli de nombreux appuis, j’ai déposé une motion à ce sujet la semaine suivante.

La motion M-117 demande au Parlement de travailler de concert avec les provinces, les territoires et les communautés autochtones à l’élaboration d’une stratégie canadienne coordonnée sur les troubles alimentaires qui lutte contre une image corporelle négative et favorise la sensibilisation, la recherche et les bonnes pratiques relatives au traitement des troubles alimentaires. Elle atténuera l’impact de l’anxiété liée au poids sur la santé mentale tout en encourageant les jeunes à développer un esprit critique à l’égard des normes de beauté actuelles dans la société. À part contribuer à réduire les préjugés sociaux et à promouvoir la détection précoce des troubles alimentaires, la stratégie pourrait aider à assurer un accès accru à toute la gamme des soins disponibles et encourager l’adoption de bonnes pratiques thérapeutiques. Enfin, elle sensibiliserait l’opinion à la prévalence des troubles alimentaires au Canada et mettrait en place un solide programme de recherche sur les troubles alimentaires.

Je souhaite ardemment que tous les parlementaires s’unissent pour appuyer cette motion. J’accepterais volontiers que le gouvernement la prenne à son compte afin que son étude puisse progresser rapidement et qu’elle puisse venir en aide à ceux et celles qui souffrent de troubles alimentaires et à leurs proches.  v