Lorsqu’il s’agit de faire valoir un point de vue, on s’éloigne souvent de la vérité

On entend régulièrement parler de la fin de la vérité en politique, principalement dans le sillage de la course à la présidence des États-Unis. Cependant, le recours à des arguments boiteux pour étayer un point de vue n’est absolument pas une pratique nouvelle. La nouveauté réside dans le fait qu’il est maintenant possible de perpétuer de tels arguments sur Internet et que, dès lors, ils prennent de l’ampleur. De temps à autre, des gens envoient à mes bureaux des messages sur des mesures législatives qui ont déjà été abordées au Parlement mais qui ne sont plus inscrites au programme législatif depuis des années. Les députés s’efforcent de répondre de leur mieux aux questions en donnant des faits et les citoyens apprécient généralement cet effort. Malheureusement, la cause de la confusion circule toujours dans le cyberespace et, de ce fait, induira encore quelqu’un en erreur.

Internet est un outil puissant qui n’est pas nécessairement toujours utilisé de façon utile. Certaines personnes considèrent ce qu’ils trouvent en ligne comme parole d’évangile sans se demander s’il y aurait lieu d’en vérifier l’exactitude. Il suffit de songer aux mises en garde qu’on trouve sur les médias sociaux, où on voit Abraham Lincoln qui dit que ce qu’on trouve en ligne n’est pas toujours vrai. Voilà l’exemple parfait d’une apparence de véracité, alors que les éléments du message constituent un anachronisme.

Quiconque possède un compte de messagerie a certainement reçu quantité de courriels douteux. Cependant, à titre de représentant élu, je pousse souvent un peu plus loin mes recherches pour vérifier l’exactitude ou la véracité de ce que je reçois. Les messages douteux sont presque entièrement négatifs dans leur forme et la plupart avancent des faussetés. Il s’agit ni plus ni moins de légendes urbaines qui circulent sur le Web, mais certaines personnes les prennent pour la pure vérité. Il arrive que certains attribuent les paroles d’un politicien à un autre politicien – effaçant ainsi au passage plusieurs décennies, voire des époques entières. D’autres s’intéressent à des mesures législatives qui ne sont plus actives, notamment à certains projets d’initiative parlementaire de législatures antérieures qui figurent encore sur Internet mais qui ont été relégués aux oubliettes législatives.

Pour vérifier la validité de certaines informations, il suffit de consulter le site snopes.com. Ce site se veut la référence par excellence pour vérifier la véracité ou l’origine de légendes urbaines, d’éléments de folklore, de mythes et de rumeurs et pour dénoncer la désinformation. Une autre façon de trouver l’origine d’une affirmation consiste à faire un copier-coller d’une partie substantielle de texte et de faire une recherche à l’aide d’un moteur de recherche. Voilà une façon de découvrir l’origine du texte ou du point de vue en question.

Il ne faut pas s’étonner que la source de certains messages qui semblent on ne peut plus canadiens provienne de slogans de campagnes de financement politiques. C’est le cas de nombreux messages qui critiquent la façon dont le gouvernement traite les immigrants. En fait, l’immigration est l’un des grands thèmes régulièrement utilisés pour faire circuler des messages politiques trompeurs. Malheureusement, les politiciens qui ont recours à cette stratégie cherchent uniquement à exploiter les craintes populaires à leur avantage.

Voilà ce qu’il faut surveiller. S’il faut faire preuve de méfiance, ce devrait être à l’égard de ceux qui souhaitent provoquer des réactions de peur. Exigeons que les points de vue exprimés soient étayés pour faire en sorte que, dans l’avenir, il soit moins tentant pour certains d’inventer leur propre vérité. Le Canada n’est pas à l’abri du genre de manœuvres politiques utilisées dans la course à la présidence des États-Unis et seule la vigilance des Canadiens peut nous mettre à l’abri d’une telle plaie.