Personne ne mérite un tel allégement fiscal

Quand vous trichez ou que vous commettez une erreur dans votre déclaration de revenus, vous pouvez vous attendre à en payer le prix. Or, cela ne se passe pas toujours ainsi, surtout si vous comptez parmi les plus fortunés au pays. Les Canadiens découvrent qu’il y a deux poids, deux mesures à la suite du récent scandale impliquant KPMG, et c’est le mauvais signal à donner en période économique difficile. Il semblerait, d’après l’Agence du revenu du Canada (ARC), que certains d’entre nous soient trop gros pour faire l’objet de poursuites pour évasion fiscale.

En guise de contexte, KPMG est une société financière qui aide depuis une décennie certains de ses plus riches clients à se soustraire à l’impôt en leur conseillant d’investir dans un paradis fiscal à l’île de Man. Au moins 26 Canadiens ont tiré parti de cette combine, et voilà que l’ARC leur offre une amnistie secrète.

Selon cette entente de faveur, ils n’ont qu’à acquitter les impôts rétroactifs plus des intérêts infimes.   En signant cette entente, ils se mettaient aussi à l’abri de futures poursuites ou amendes pour leur faute. C’est injuste envers les contribuables ordinaires et cela contrevient aux directives que l’ARC applique au reste d’entre nous.

Pourquoi l’ARC agit-elle ainsi? Ce serait une affaire d’argent. Elle prétend que l’octroi de l’amnistie coûte moins cher au gouvernement que des poursuites, mais ce n’est pas acceptable pour autant. Ces gens devraient faire face aux accusations comme tout le monde – sinon on envoie le mauvais message.

Le gouvernement antérieur a permis à la dette fiscale en souffrance d’augmenter de 60 % pendant qu’il était au pouvoir. En plus, il a réduit le budget de l’ARC pour les percepteurs d’impôt qui enquêtent sur le recours aux paradis fiscaux. En omettant de recouvrer des milliards de dollars, le gouvernement ne fait que punir les gens qui se conforment aux règles.

Les Canadiens méritent un gouvernement proactif qui cessera de protéger ceux qui cachent leur argent à l’étranger. L’inaction à ce chapitre prive le gouvernement d’une somme pouvant atteindre 8 milliards de dollars. Elle a également des conséquences et engendre des problèmes économiques. Les recettes fiscales servent à payer les services de santé, l’éducation, la sécurité nationale, la sécurité sociale et bien plus encore. Notre qualité de vie en dépend, de même que le bon fonctionnement de notre société. Le fait de ne pas percevoir ces fonds maintenant ne fera qu’engendrer davantage de problèmes et garantit que les solutions coûteront plus cher si l’on attend.

Le gouvernement doit se rendre compte qu’il ne peut plus se contenter de jongler avec les taux d’imposition d’une manière qui ne profite qu’à la classe moyenne aisée. L’évasion fiscale est un enjeu que nous avons soulevé à maintes reprises au Parlement, et nous continuerons de presser le gouvernement libéral d’arrêter de permettre aux mieux nantis d’agir en toute impunité.