Pour Carol Hughes, les problèmes liés aux troubles causés par l’alcoolisation fœtale ne se limitent

Elliot Lake – Les difficultés que vivent les familles et les communautés qui comptent parmi elles des personnes souffrant de l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) sont loin de constituer uniquement des problèmes de santé et de budget, selon la députée d’Algoma—Manitoulin—Kapuskasing, Carol Hughes.

Mme Hughes avait été invitée à donner une allocution lors de la conférence du North Shore Tribal Council sur l’ETCAF, qui s’est tenue aujourd’hui. Elle a alors souligné l’importance de suivre une approche à volets multiples pour aider les gens à réussir en société et pour empêcher que d’autres problèmes, plus prévisibles, se concrétisent.

« Il pourrait être tentant de voir cette question comme un simple problème de santé, mais on aurait tort de le faire, car de nombreuses recherches ont démontré que l’ETCAF peut mener à une vie où divers autres problèmes jouent un grand rôle et exigent des interventions, par exemple en matière de justice et de protection de l’enfance », a expliqué Mme Hughes.

La députée a indiqué que les Canadiens feraient bien d’écouter le juge Murray Sinclair, qui a prévenu que, si rien n’est fait pour atténuer le problème, c’est toute la société qui en souffrira. Selon elle, il sera impossible de renverser la tendance sans amélioration dans la répartition des ressources.

« Dès le départ, il faut affecter les ressources là où les besoins sont les plus criants. Sinon, c’est peine perdue, a signalé Mme Hughes. L’argent que nous choisissons de ne pas consacrer à la santé et aux services communautaires pourrait bien aller à la justice et à la protection de l’enfance. »

Mme Hughes a souligné que l’ETCAF a des coûts très élevés pour les personnes qui en sont atteintes et pour leurs familles et la société. Elle a cité à ce sujet des recherches canadiennes qui ont révélé que les coûts pour les systèmes de santé, d’éducation et de services sociaux, de même que les coûts assumés par les personnes touchées et les coûts indirects, notamment les heures de productivité perdues, totalisaient en moyenne 21 642 $ par personne par année.

« Il est clair que ce problème entraîne des dépenses publiques considérables, a conclu Mme Hughes. Nous avons aujourd’hui le choix : soit nous y mettons l’argent nécessaire maintenant, soit nous attendons que les conséquences prévisibles, mais souvent tragiques de l’ETCAF se fassent sentir avant de réagir. »