Sans le poids de l'action, la réconciliation n'est qu'une idée : Hughes

Ottawa – La réconciliation pour les victimes des pensionnats indiens nécessitera une approche entièrement nouvelle par rapport à ce que les gouvernements ont tenté jusqu’à présent, estime la députée d’Algoma—Manitoulin—Kapuskasing, Carol Hughes.

Mme Hughes a assailli le gouvernement de questions et de déclarations en cette semaine où des cérémonies ont marqué la fin de la Commission de vérité et de réconciliation (CVR). Parmi les recommandations de la CVR figurent de nombreuses mesures que les néo-démocrates réclament du gouvernement.

« Trop d’enfants souffrent d’un sous-financement chronique de l’éducation, d’un manque d’accès à des soins de santé de qualité, d’un manque d’accès à de l’eau potable, et d’un manque d’accès au logement, a déclaré Mme Hughes. En 2015, il est grand temps de mettre fin à ce cycle de pauvreté, et ce dès aujourd’hui. »

Mme Hughes a affirmé que le gouvernement doit réduire les écarts en matière d’accès aux soins de santé qui entravent la guérison pour de nombreux survivants des pensionnats indiens.

« Les survivants subissent encore aujourd’hui les contrecoups d’une enfance volée, a déploré Mme Hughes. Ils sont affligés de problèmes de santé affectant aussi leurs familles. Ils ont besoin d’aide et de soutien. »

Les recommandations de la CVR suivent de peu un rapport du vérificateur général selon lequel les services de santé dans beaucoup de communautés éloignées et nordiques des Premières Nations ne répondent pas aux normes. 

« Aujourd’hui, les survivants se heurtent à des obstacles sociaux, psychologiques et liés à la santé pour surmonter le traumatisme, a déclaré Mme Hughes. Pourtant, de très nombreuses communautés des Premières Nations n’ont pas accès à des soins de santé de qualité. »

Il a paru incroyable à Mme Hughes que le ministre des Affaires autochtones ait fait le geste délibéré de s’asseoir au moment où une ovation debout accueillait la recommandation du juge Sinclair de tenir une enquête sur les femmes autochtones assassinées ou disparues.

« Sans justice pour ces femmes et leurs familles, il ne saurait y avoir de réconciliation, a dit Mme Hughes. Le ministre va-t-il faire ce que doit et lancer immédiatement une enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées? »