Un rapport du GIEC met en lumière l’inaction dans la lutte contre les changements climatiques

 

Un rapport déposé ce mois-ci par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies souligne la nécessité de s’attaquer aux causes des changements climatiques pendant qu’il nous reste encore le temps d’éviter des conséquences catastrophiques. Le rapport est sans équivoque : le monde doit transformer complètement ses systèmes énergétiques au cours de la prochaine décennie, sinon il risque un désastre écologique et social. Alors que le discours canadien fait du surplace en tentant de faire valoir l’utilité d’une taxe sur le carbone, le rapport montre que nous sommes loin d’être sur la bonne voie.

La vérité est que nous faisons du surplace depuis des décennies. Nous devons prendre acte des nombreux faux départs, des objectifs modestes et de l’opportunisme politique du Canada. L’accord de Kyoto nous aurait placés dans une position plus favorable, mais nous n’avons jamais donné suite à nos engagements, et nous faisons de même avec nos engagements actuels. Le rapport du GIEC propose un échéancier à donner froid dans le dos pour apporter les changements nécessaires afin d’éviter les scénarios catastrophes. Nous commençons déjà à voir à quoi ressemblera le monde si nous ne nous attaquons pas aux causes des changements climatiques.

Les répercussions au Canada sont évidentes : canicules plus longues, extinction d’espèces, pertes de récoltes, fréquence et intensité accrues des inondations et des feux de forêt, îlots de chaleur, perturbation de nos écosystèmes et autres phénomènes météorologiques extrêmes, comme les tornades qui ont récemment ravagé des banlieues de la région d’Ottawa. Les emportements par les eaux qui ont forcé la fermeture des routes 17 , 101 et 129 cette semaine et la tornade qui a frappé la Première nation de Wiikwemkoong cette été sont des exemples ici‑même dans notre circonscription d’Algoma—Manitoulin—Kapuskasing. Il ne s’agit pas de déterminer si de tels phénomènes deviennent plus fréquents, mais bien de décider si nous voulons faire partie de la solution.

Le débat, si on peut l’appeler ainsi, oppose les politiciens redevables aux industries à forte intensité carbonique, dont les producteurs d’énergie, à la majorité de la communauté scientifique qui martèle depuis des années que nous nous dirigeons tout droit vers une catastrophe. 

Il devient de plus en plus clair que nous disposons de peu de temps pour agir. L’autre réalité est que les coûts liés aux catastrophes naturelles explosent. Le président de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge affirme que plus de la moitié des activités de l’organisme constituent maintenant une réponse directe à des catastrophes naturelles et à des chocs climatiques. Si la situation est telle aujourd’hui, il est difficile de s’imaginer l’amplitude des crises qui toucheront les communautés vulnérables dans un monde où la température sera plus élevée de 1,5°C ou de 2,0°C.

Selon le GIEC, le monde doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030, comparativement aux niveaux de 2010. La consommation de pétrole devra aussi diminuer de 80 %. Ce n’est pas en achetant un pipeline comme celui de Trans Mountain ou en autorisant le retour du pipeline Énergie Est que le Canada réussira à combattre les changements climatiques. 

Le commissaire à l’environnement et au développement durable a souvent condamné le gouvernement pour son bilan catastrophique en matière de protection de l’environnement. L’OCDE lui a aussi donné de nombreux avertissements. Maintenant, des milliers de scientifiques et d’experts de partout dans le monde sonnent l’alarme. Le temps des belles paroles est révolu. Le Canada doit devenir un chef de file en matière de lutte contre les changements climatiques. C’est la seule option viable.