Canada's NDP

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24 janvier 2020

Changements climatiques : il est temps de s’attaquer à la source du problème

Pensons aux avancées technologiques qui définissent notre époque. Par exemple, nous sommes en mesure d’envoyer des vaisseaux spatiaux sur Mars et d’utiliser des véhicules télécommandés pour explorer cette planète. Cet exploit, nous le devons au travail acharné des scientifiques. En règle générale, lorsque vient le temps de monnayer les fruits de la science, les appuis ne manquent pas; or, lorsque le message des scientifiques remet en question notre mode de vie, les quelques dissidents s’emparent des tribunes et se voient accorder une attention démesurée. Le fardeau de la preuve change de camp et nombreux sont ceux qui, tirant profit du statu quo, s’évertuent à brouiller les cartes. Voilà comment se déroule le débat sur les changements climatiques, en particulier sur les médias sociaux. Maintenant, nous pouvons raisonnablement nous demander si c’est ainsi que nous voulons poursuivre le débat, sachant que les pires scénarios climatiques s’annoncent de plus en plus inévitables.

Cette semaine, tandis que l’élite mondiale se réunissait à Davos, en Suisse, pour le Forum économique mondial, les jeunes activistes Autumn Peltier et Greta Thunberg ont participé à l’un des débats de l’événement et ont défié les dirigeants les plus influents. Autumn Peltier, en sa qualité de commissaire en chef des eaux de la Nation Anishinabek, a abordé la crise de l’eau qui sévit au Canada. S’adressant à son auditoire réuni à Davos, elle a déclaré que les politiciens fédéraux du Canada ne se préoccupaient pas suffisamment des changements climatiques. Greta Thunberg a livré un message tout aussi puissant, affirmant que nous n’avons pratiquement rien fait pour nous attaquer aux causes des changements climatiques, tandis que se multiplient les mises en garde concernant l’urgence de la situation.

Si ces adolescentes se voient offrir une tribune d’envergure, elles sont également la cible de critiques virulentes et de moqueries, particulièrement en ligne, simplement parce qu’elles livrent un message que beaucoup ne veulent pas entendre : si nous voulons lutter contre les changements climatiques, certaines choses devront changer. Greta Thunberg est particulièrement visée par ce genre de critiques. Parmi ses cyberintimidateurs, on compte même le président des États-Unis, qui lui a adressé ses diatribes sur Twitter. Il est clair que certains groupes d’intérêts veulent étouffer le message de Greta et maintenir le statu quo. Certains appuient cette tactique parce qu’elle sert leurs intérêts personnels; de nombreux autres, parce qu’ils craignent que le changement ne vienne ruiner leur petit confort.

Peut-être est-ce parce que de nombreux climatosceptiques semblent croire que le capitalisme s’effondrera si nous unissons nos efforts pour atténuer les effets des changements climatiques. Ils brandissent divers arguments, affirmant notamment que la part de responsabilité du Canada dans ce problème mondial est négligeable et que, même si nous faisions tout notre possible, nos efforts ne seraient qu’une goutte d’eau dans l’océan. De tels arguments semblent aller à l’encontre de l’image que nous aimons nous donner, celle d’une nation surperformante et bienveillante sur la scène internationale.

Le Canada jouit d’une grande stabilité et d’une grande richesse – on ne peut prétendre le contraire. Or, nous devons reconnaître que la plupart d’entre nous doivent leurs privilèges simplement à la chance que nous avons eue de naître ici. Ultimement, nous serons jugés sur l’usage que nous aurons fait de ces avantages.

Nous pouvons commencer par reconnaître que nous sommes particulièrement bien placés pour jouer un rôle de chef de file dans le développement de technologies d’énergie propre qui profiteraient au monde entier. Cette idée a le potentiel de devenir un projet rassembleur. Sur le plan politique, les conservateurs ont démontré qu’ils préféraient se tourner vers la technologie pour lutter contre les changements climatiques. Les néo-démocrates croient que nous pouvons nous attaquer aux changements climatiques tout en créant de bons emplois durables. Les différences entre ces approches sont négligeables : ce sont les similitudes qui méritent d’être explorées. Nous estimons que le gouvernement a reçu le feu vert d’une majorité d’électeurs pour s’attaquer aux changements climatiques. Si nous, les parlementaires, laissons la partisanerie et le manque d’imagination nous paralyser, nous devrons nous demander quels intérêts nous défendons réellement.