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29 avril 2022

La voie d’accès d’Ukraine-Canada doit être simplifiée

Il y a deux mois, la Russie a envahi illégalement l’Ukraine. Le témoignage des nombreuses horreurs commises sont qualifiées à juste titre de crimes de guerre, notamment les fosses communes de civils découvertes à Bucha, les viols et d’autres formes de violences sexuelles perpétrées par les Russes. Face à cette agression qui menace leur personne et leur sécurité, de nombreux Ukrainiens ont choisi de fuir leur pays, une décision qui est tout à fait compréhensible. Comme le Canada abrite la plus grande population d’Ukrainiens à l’extérieur de l’Ukraine, de nombreux réfugiés se sont tournés vers le Canada pour s’y installer, mais l’inaction et certaines décisions discutables du gouvernement fédéral ont compliqué la possibilité de s’installer ici plus qu’il n’en faut.

Plus de cinq millions d’Ukrainiens ont quitté leur pays depuis le début de l’invasion russe. Selon le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, la majorité de ceux-ci (trois millions), une diaspora massive à tous égards, ont temporairement trouvé un refuge en Pologne, ce pays peinant à absorber seul cet afflux massif de réfugiés. Cracovie, par exemple, a vu sa population augmenter de 20 % rien qu’au cours des deux derniers mois.

Selon les chiffres propres à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), plus de 100 000 Ukrainiens ayant demandé un visa pour venir au Canada sont toujours en attente d’une approbation, seulement un tiers environ (56 633 sur 163 747 demandeurs) ayant été approuvés en date du 19 avril. Depuis des mois, les néo-démocrates demandent au gouvernement d’aplanir les obstacles auxquels font face les réfugiés ukrainiens, en supprimant l’obligation de visa, afin que les Ukrainiens qui veulent se rendre au Canada puissent le faire aussi rapidement et facilement que possible.

Les difficultés auxquelles se butent les réfugiés ukrainiens vont bien au-delà de l’obligation de visa et portent aussi sur la manière dont ceux-ci sont effectivement classés. Bien que le gouvernement reconnaisse que la situation en Ukraine soit une crise humanitaire, il n’a pas classé les Ukrainiens qui quittent leur pays comme des réfugiés, mais plutôt comme des personnes déplacées. En conséquence, la plupart d’entre eux demandent à venir au Canada dans le cadre de l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU), ce qui signifie qu’ils peuvent se rendre au Canada et obtenir un permis de travail pour un maximum de trois ans en tant que résidents temporaires.

Ce processus pèse lourdement sur les services auxquels ils ont accès. Par exemple, à leur arrivée, les Ukrainiens doivent satisfaire aux périodes d’attente imposées par la province dans laquelle ils s’installent pour pouvoir profiter des services médicaux, alors que les demandeurs d’asile sont d’emblée couverts par un programme d’assurance-maladie fédéral. Bien que certaines provinces aient éliminé la période d’attente, cette situation crée un système qui à la fois prête à confusion pour les personnes qui arrivent et crée un niveau de service incohérent qui pourrait procurer une protection médicale à certains Ukrainiens qui s’établissent au Canada, mais pas à d’autres.

Il y a de nombreux autres exemples de services qui ne seront pas disponibles aux Ukrainiens ici au Canada. Dans le cadre du programme actuel, ils ne recevront que deux semaines d’hébergement temporaire à l’hôtel et jusqu’à six semaines d’aide financière, ce qui contraste fortement avec les services offerts aux réfugiés, qui ont droit à une aide financière pendant une période allant jusqu’à un an et à une aide au logement dans le cadre du Programme d’aide à la réinstallation (PAR). Le PAR ne prévoit cette aide que si le réfugié a besoin d’une aide financière et ne s’applique pas en cas de parrainage privé. De plus, les programmes visant à aider les réfugiés à s’établir, comme les programmes linguistiques, sont limités.

Il ne faut pas oublier non plus les coûts réels des vols. Le gouvernement a lancé le Fonds de voyage Ukraine-Canada, qui permet aux Canadiens de faire don de leurs milles de grand voyageur pour financer les voyages des Ukrainiens qui fuient leur pays. Air Canada (qui, il est entendu, est propriétaire et exploitant du programme de fidélisation Aéroplan) fera don de 100 000 milles Aéroplan, mais le gouvernement n’égalera pas les dons. Ce dernier a déclaré vouloir affréter certains vols, mais des obstacles inutiles continuent de compliquer l’acheminement des Ukrainiens vers le Canada à un moment où ils ont le plus besoin de notre soutien.

À l’heure actuelle, les Ukrainiens fuyant la guerre doivent livrer une bataille difficile pour venir au Canada. En effet, ils doivent demander un visa en passant par un système compliqué qui peut leur poser d’importantes barrières linguistiques. Une fois arrivés ici, ils doivent compter presque entièrement sur les organismes sans but lucratif locaux pour les aider à bâtir une nouvelle vie loin de la guerre. Il est évident qu’il doit y avoir un moyen d’accès à l’information plus simple et plus rationalisé pour ceux et celles qui souhaitent venir au Canada, et pour les Canadiens et Canadiennes qui ont ouvert leur cœur pour aider les Ukrainiens.