Il y a cinq ans, le Canada a présenté des excuses officielles pour les séquelles laissées par les pensionnats autochtones dont la culture de mauvais traitements et de négligence a laissé des cicatrices permanentes qui affligent encore aujourd’hui les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Les excuses ont été le point culminant des relations de Stephen Harper avec les Premières Nations. En dépit des propos prometteurs tenus par le premier ministre lors de la Rencontre de la Couronne et des Premières Nations en janvier 2012, le travail législatif de son gouvernement s’est fait à sens unique et dans la provocation et n’est pas à la mesure de l’optimisme suscité par les excuses.

On espérait qu’une démarche de véritable réconciliation préparerait le terrain pour des progrès plus marqués dans la résolution de problèmes de longue date et aurait le potentiel de résorber le déséquilibre entre la situation d’un trop grand nombre de ces communautés et celles de la plupart des Canadiens. On croyait que nous pouvions nouer de nouvelles relations fondées sur le respect, la confiance et, surtout, un dialogue ouvert et honnête.

Tout a changé à la suite de l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire. En effet, le gouvernement applique à l’égard des Autochtones un programme autoritaire fondé sur des opinions plutôt que sur une voie convenue d’un commun accord. L’assaut final a été donné à la fin de la session parlementaire lorsque le gouvernement a recouru au bâillon pour mettre fin au débat et adopter à toute vapeur des projets de loi auxquels les Premières Nations se sont systématiquement opposées et qu’elles ont critiqués. 

Ce n’est pas une façon de souligner le Mois national de l’histoire autochtone (juin) ou la Journée nationale des Autochtones (21 juin). Au moment d’évaluer le niveau d’insatisfaction à l’égard du programme du gouvernement relatif aux Premières Nations, il ne faut pas oublier la forte et bruyante opposition qu’ont soulevée les projets de loi d’exécution du budget l’année dernière. Au cours de la présente session parlementaire, le gouvernement a présenté des projets de loi qui ont une incidence sur la façon dont ces communautés sont organisées et dirigées malgré le fait que les Premières Nations sont autonomes. De plus, un autre projet de loi, d’initiative parlementaire celui-là, vise à annuler unilatéralement des articles de la Loi sur les Indiens.  

De l’avis général, la Loi sur les Indiens doit être abrogée, mais le processus et la solution proposés dans ce cas constituent le problème, tout comme les projets de loi du gouvernement. On peut comprendre que les Premières Nations soient en colère contre ce gouvernement qui refuse invariablement de remplir son devoir de consulter. 

Les rapports entre le gouvernement et les Premières Nations sont essentiellement unilatéraux. Cela nuit aux relations qu’avaient ranimées les excuses historiques concernant les pensionnats autochtones. Comme l’a déclaré Jack Layton : « La réconciliation doit toutefois être axée sur des mesures positives qui expriment le respect et qui rétablissent la confiance. Ces excuses ne doivent pas marquer la fin du processus, mais bien le début de celui-ci. »

Il faut revenir à l’esprit de cette déclaration, se retrousser les manches et trouver un processus qui convienne au Premières Nations et au Canada. 

Carol Hughes

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