IL EST TEMPS QUE LE GOUVERNEMENT RECONNAISSE SES ERREURS À GRASSY NARROWS, SELON LA DÉPUTÉE HUGHES

Elliot Lake – Le gouvernement devrait se préoccuper davantage des membres de la Première nation de Grassy Narrows que de cacher son jeu, a déclaré Carol Hughes, porte-parole néo-démocrate en matière de santé des Autochtones. La députée d’Algoma-Manitoulin-Kapuskasing exprime ainsi son soutien aux membres de la Première nation qui sont à Toronto cette semaine pour faire état des négligences systématiques dont sont victimes les membres de la communauté ayant survécu à un empoisonnement au mercure, et pour demander que justice soit finalement rendue, pour le bien des survivants, de la communauté dans son ensemble et du réseau hydrographique contaminé au mercure.

« Les conservateurs ont raconté une histoire, puis une autre, afin de minimiser leur responsabilité, mais au bout du compte, ce sont les gens de Grassy Narrows qui souffrent », a déploré Mme Hughes. « Et maintenant, nous apprenons que le gouvernement a aussi caché des informations importantes », a-t-elle ajouté.

Mme Hughes fait référence aux rapports révélant que le Conseil d’aide aux personnes souffrant d’incapacité due à la pollution au mercure utilisait des données périmées, rejetant 65 % des demandes d’aide de personnes présentant des signes de la maladie de Minamata (empoisonnement au mercure), selon le spécialiste japonais de renom, le Dr Masazumi Harada. 

« Nous apprenons que Conseil d’aide aux personnes souffrant d’incapacité due à la pollution au mercure avait à sa disposition de meilleures données scientifiques que celles dont il s’est servi pour déterminer qui avait été empoisonné au mercure », a souligné Mme Hughes, ajoutant que « pendant ce temps-là, le gouvernement s’efforçait de camoufler la gravité de la situation, allant même jusqu’à laisser entendre que les problèmes étaient liés au diabète ou à la consommation d’alcool ».

Mme Hughes considère que le gouvernement doit utiliser les meilleures données scientifiques disponibles pour s’assurer que les personnes affectées soient reconnues et puissent recevoir les traitements appropriés. La députée s’inquiète particulièrement des fabulations pures et simples de l’actuel ministre des Ressources naturelles, Greg Rickford, devant la Chambre des communes en 2010, qui avait alors déclaré que la rivière avait bien été nettoyée et que le poisson était propre à la consommation.

Pour Mme Hughes « c’est un message dangereux qui fait fi de la réalité de la situation – soit qu’il n’y a eu aucun nettoyage – et qui encourage, malgré tout, les gens à consommer du poisson contaminé ».

Mme Hughes a bon espoir que ce qui se passera à Toronto cette semaine contribuera à rendre justice aux survivants de la contamination au mercure et à la communauté touchée, ainsi qu’à répondre à la demande d’une dépollution effective du réseau hydrographique du bassin Wabigoon-English. Des membres de la communauté tiendront une conférence de presse aujourd’hui (lundi 28 juillet) pour exprimer leurs exigences, notamment une reconnaissance de la situation, une indemnisation des victimes et la remise en état du milieu, le tout de manière appropriée et dans un souci de justice.