Le moment est venu d’adopter une stratégie sur le logement autochtone

En octobre de cette année, Statistique Canada publiera les données issues du questionnaire détaillé de recensement de 2016. Ces données nous donneront un instantané des besoins en matière de logement au Canada. Il est bien entendu que le logement constitue un défi dans tout le pays, l’abordabilité figurant au sommet de la liste des obstacles auxquels de nombreux Canadiens font face. Dans le cas des Autochtones, la lutte peut être encore plus décourageante, et c’est pourquoi les néo‑démocrates font pression sur le gouvernement pour qu’il fasse quelque chose à ce sujet. Le choix du moment est délibéré, car il y a maintenant 10 ans que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a été adoptée. L’appel à l’action lancé par le NPD fait aussi écho aux recommandations formulées par l’Association canadienne d’habitation et de rénovation urbaine (ACHRU).

Il a fallu attendre jusqu’en mars dernier pour qu’un plan sur le logement en voie d’élaboration depuis 11 ans, plan qui comprenait des engagements en faveur des populations du Nord et des Autochtones vivant en dehors des réserves, soit finalement présenté en détail dans le Budget fédéral. Ceux qui militent pour cette cause soutiennent que les crédits prévus dans le Budget sont insuffisants et qu’ils ne représentent qu’une fraction des fonds qui seront consacrés au logement au cours des 11 prochaines années. Les néo‑démocrates disent au gouvernement que les promesses ne suffisent pas et qu’il doit d’urgence passer à l’action pour faire en sorte que le droit des peuples autochtones au logement soit respecté.

Une raison déterminante pour laquelle le financement gouvernemental doit être accru se rapporte au fait que les populations autochtones représentent les segments de la population canadienne qui croissent le plus vite et que près de la moitié de ces populations vivent en dehors des réserves. Ajoutez à cela le fait que les Autochtones vivant en milieu urbain risquent huit fois plus d’être sans abri que les autres Canadiens, et il est facile de comprendre la nécessité d’élaborer une stratégie du logement expressément axée sur les besoins des Autochtones.

Le Budget aurait pu faire beaucoup pour répondre à ce besoin, car les problèmes sont plus dus aux fonds accessibles qu’aux intentions, mais le gouvernement n’est pas allé assez loin dans ce contexte. En fait, seulement 225 millions de dollars en 11 ans, soit environ 20 millions par année, seront accessibles afin de remédier au manque de logement pour les Autochtones vivant en dehors des réserves. Les collectivités des Premières Nations se répartiront 300 autres millions au cours de la même période, mais dans les deux cas, les fonds sont loin de ceux qu’il faut pour répondre à la demande.

L’ACHRU a un caucus du logement autochtone qui est conscient du grand nombre d’organisations dirigées par des Autochtones et servant des Autochtones qui en font partie. Le Directeur administratif, Jeff Morrison, dit que l’Association espère faire grandir un secteur du logement autochtone plus efficace et plus autonome, dans le cadre d’un véritable partenariat avec les collectivités autochtones et les organisations qui les représentent. Pour l’Association, c’est là une étape importante vers l’établissement d’une véritable relation de nation à nation.

Il convient de souligner que le gouvernement s’est engagé à publier une stratégie nationale en matière de logement plus tard cet automne. N’oublions pas non plus que le premier ministre a fait campagne en promettant d’adopter la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. En dépit de cette promesse, le Canada n’a toujours pas agi en ce sens. La déclaration contient un article qui reconnaît le droit au logement et affirme que les États doivent adopter des mesures efficaces pour garantir l’amélioration constante de la situation du logement. Les néo‑démocrates exhortent le gouvernement à utiliser la stratégie nationale en matière de logement pour mieux atteindre les objectifs énoncés dans cet article.