Le système de rémunération Phénix coûte aux employés fédéraux

Vous n’avez peut-être pas entendu parler des plaies qui affligent Phénix, le système de rémunération du gouvernement fédéral. Toutefois, si vous êtes l’une des 80 000 personnes touchées, vous savez à quel point les problèmes sont nombreux. Entre autres problèmes qui empoisonnent le système, on peut penser aux employés qui ne reçoivent pas leur salaire ou qui reçoivent une paie trop élevée, qui s’aperçoivent que l’impôt est déduit en fonction du taux de la mauvaise province ou encore qui travaillent sans avantages sociaux. Et, si le gouvernement actuel jette le blâme sur son prédécesseur, il n’en reste pas moins que la situation dure depuis six mois et qu’il est le seul à pouvoir le régler.

Il est exact que le système Phénix a été mis en place par le gouvernement conservateur. Il a été conçu par IBM et déployé plus tôt cette année, en février. Si l’on peut raisonnablement s’attendre à ce que l’arrivée d’un nouveau système s’accompagne de quelques pépins, le volume considérable de difficultés et le temps nécessaire pour en venir à bout suggèrent ici que le gouvernement pourrait avoir souscrit à quelque chose sur lequel il a peu de contrôle.

Dans l’intervalle, des fonctionnaires – et en particulier les nouveaux employés – essaient tant bien que mal de joindre les deux bouts. Imaginez avoir un emploi et ne pas recevoir son dû. C’est une chose de s’en remettre à sa carte de crédit pendant une semaine ou deux en attendant sa paie, mais c’en est une autre si le problème perdure pendant des semaines ou des mois. Les taux d’intérêt sur les cartes de crédit ne sont pas négligeables, tout comme les frais rattachés aux factures qui demeurent impayées. Comment est-il acceptable que tant de gens soient contraints de vivoter ainsi?

En plus de ces difficultés, les nouveaux employés attendent aussi l’entrée en vigueur de leurs avantages sociaux (les deux problèmes sont reliés). Il s’agit là de coûts supplémentaires qui peuvent réellement s’accumuler et frapper des familles entières.

On constate également des problèmes avec les paiements forfaitaires qui sont parfois utilisés pour rectifier la situation. Les gros chèques sont assujettis à de grosses déductions et, s’il est possible de corriger le tir ultérieurement dans sa déclaration de revenus, à ce stade ce n’est qu’une difficulté de plus qui s’ajoute au lot. Dans la même veine, certains employés fédéraux ont été payés en trop ou continuent d’être payés alors qu’ils ne travaillent plus pour le gouvernement. Ces cas représentent un autre type de maux de tête fiscal.

Alors, où est la solution? Le gouvernement dit être résolu à corriger la situation, et il embauche du personnel temporaire pour rattraper le retard. Voilà qui doit être curieux pour ces employés étant donné qu’eux aussi peuvent être aux prises avec les problèmes qu’on leur demande de résoudre.

Il est impératif que le gouvernement mette en place les ressources appropriées pour corriger immédiatement le problème. Compte tenu des sommes qui ont déjà été investies, il est à espérer qu’il est possible de le faire dans les limites du système Phénix. Ces employés ont déjà été suffisamment lésés, ils ne devraient pas avoir à porter le fardeau d’un système qui, manifestement, n’était pas prêt à être lancé.