LE TEMPS EST VENU DE TENIR UNE ENQUÊTE SUR LES FEMMES AUTOCHTONES ASSASSINÉES ET DISPARUES : HUGHES

Ottawa – Dix années se sont écoulées depuis la publication par Amnistie Internationale Canada d’un rapport marquant qui documente la violence faite aux femmes autochtones du Canada. Or, on attend toujours une intervention énergique de la part du gouvernement fédéral dans ce dossier, affirme la députée d’Algoma—Manitoulin—Kapuskasing, Carol Hughes.

« Les gouvernements libéral et conservateur ont eu l’occasion d’agir, mais nous voilà tellement dépassés par le problème une décennie plus tard, que la seule ligne de conduite raisonnable consiste à tenir une enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées », a déclaré Mme Hughes pendant un débat d’ajournement à la Chambre des communes mardi.

Les cas se multiplient et un problème amplement documenté confond le gouvernement, qui refuse de revenir sur son opposition à une enquête et de reconnaître qu’elle pourrait contribuer grandement à faire évoluer les mentalités au Canada.

« Le gouvernement actuel refuse de bouger, dit Mme Hughes. Plutôt que de reconnaître les avantages du processus, il fait la sourde oreille et prétend qu’il s’agit simplement d’actes criminels dont la police s’occupe. »

Mme Hughes affirme que le véritable crime est l’inaction et l’indifférence ainsi que le fait de considérer beaucoup trop souvent ces femmes et ces jeunes filles sous le pire jour possible.

« On attribue trop vite les disparitions à des fugues ou à des cas de toxicomanie, et on en prend prétexte pour chercher sans trop d’ardeur la trace des personnes disparues », d’ajouter Mme Hughes.  

La députée se désole de ce que le gouvernement ne voit pas les avantages qui découleraient de la tenue d’une enquête.

« La question n’est pas de résoudre des crimes. Il s’agit de témoigner du respect et de changer une vision culturelle de ce qui est acceptable, estime Mme Hughes. Témoigner du respect c’est notamment permettre aux familles de se faire entendre – comme elles pourront le faire pendant une enquête. »

Carol Hughes a déclaré que le besoin d’une enquête se fait sentir dans tout le pays et que la seule résistance notable vient du gouvernement conservateur.