Malgré les promesses, les anciens combattants se battent toujours pour obtenir de meilleurs services

La semaine dernière, j’ai assisté à un rassemblement sur les marches du Parlement organisé par des anciens combattants souffrant des effets à long terme du médicament antipaludique Mefloquinne. Ce qui m’a frappé, c’est de voir que cette situation devient tranquillement la nouvelle norme : les anciens combattants sont obligés de se battre, eux-mêmes, avec le gouvernement. La persistance de ce problème dans les gouvernements successifs montre que, en dépit des nombreuses promesses faites pour améliorer la situation, il reste encore un bon bout de chemin à parcourir si l’on veut prendre soin des anciens combattants qui nous ont servi avec altruisme.

Vous vous souvenez peut-être que le gouvernement précédent avait réduit le financement accordé à Anciens Combattants du Canada, ce qui avait entraîné la mise à pied de gestionnaires de cas et la fermeture de plusieurs bureaux régionaux. Autrement dit, les anciens combattants se sont retrouvés à devoir naviguer dans un système plus centralisé où il y avait moins de personnel pour les aider. Cette manœuvre a eu de quoi surprendre compte tenu du fait que le Parti conservateur aime bien s’associer aux militaires et que les anciens combattants sont une source constante de fierté nationale. En dépit de cela et malgré les critiques provenant des anciens combattants et de leurs défenseurs, ainsi que de leurs adversaires politiques, les conservateurs sont allés de l’avant avec les compressions.

Sans surprise, le gouvernement actuel a adopté une politique visant à inverser les coupures et a fait des promesses précises pour augmenter le nombre de gestionnaires de cas chargés d’aider les anciens combattants. Or, comme tant d’autres promesses, les grands mots et les grandes intentions ne sont pas venus avec suffisamment de ressources pour résoudre le problème.

Voilà le message qu’on peut conclure d’un reportage de Global News montrant que le gouvernement n’a respecté que la moitié de son engagement visant à rétablir le ratio entre le nombre de gestionnaires de cas et le nombre d’anciens combattants. Malgré des promesses claires visant à corriger le déséquilibre, le gouvernement n’a pas encore affecté les fonds nécessaires pour y parvenir. Au moment où les compressions des conservateurs se concrétisaient, le ministère des Anciens Combattants comptait un gestionnaire de cas pour 42 anciens combattants inscrits dans le système. Les libéraux ont promis de réduire le ratio à 25 pour 1, mais ils n’y sont pas encore arrivés.

Dans certaines villes, le ratio demeure dans la fourchette du 42 pour 1 tandis que dans certaines régions, le ratio est toujours de 39 pour 1. La lenteur des progrès signifie que l’engagement du gouvernement risque de dépérir. L’élection étant dans moins d’un an, les libéraux pourraient bien ne pas avoir réglé le problème le jour du scrutin.

Dans l’intervalle, les anciens combattants attendent longtemps pour qu’on accepte de leur offrir l’aide dont ils ont besoin pour des choses aussi nécessaires que des traitements médicaux. En outre, l’attention que reçoit le cas d’un ancien combattant dépend largement de l’endroit où celui-ci habite. Au Québec, on compte toujours un gestionnaire de cas pour 29 anciens combattants, mais en Ontario, la personne qui fait le même travail est responsable de plus de 40 anciens combattants.

Nous sommes loin du slogan « un ancien combattant, une norme » que scandait le gouvernement pendant la campagne électorale. Certains anciens combattants ont du mal à se faire entendre, tandis que leurs camarades d’autres régions reçoivent une attention plus rapide. Compte tenu de cet écart, il est facile de comprendre la frustration des anciens combattants. Ils sont fatigués de devoir se battre contre leur propre gouvernement pour recevoir les soins de qualité qui étaient jadis offerts à tous les anciens combattants. À l’approche du jour du Souvenir, les Canadiens devraient l’être aussi.