Quelques points à surveiller à la reprise des travaux parlementaires ce mois ci

Le mois de septembre marque la rentrée scolaire tout comme la rentrée parlementaire. Dans quelques semaines, les députés reviendront à Ottawa pour reprendre les débats sur de nombreux dossiers. On ne peut pas vraiment prévoir les dossiers qui surgiront chaque jour, mais certains sujets qui se préparent depuis l’été — ou même depuis des années — ont toutes les chances de retenir une bonne part du temps consacré aux débats parlementaires. Ces derniers ne seront peut-être pas tous aussi passionnants que la course à la présidence aux États-Unis, mais il n’en demeure pas moins que les attentes politiques à combler au Canada sont élevées.

Les dossiers qui concernent les Premières Nations sont parmi les plus urgents. Ce n’est un secret pour personne que bon nombre des collectivités autochtones sont dans une situation difficile à maints égards, mais la promesse faite par le gouvernement de combler l’écart de financement dans le domaine de l’éducation ne s’est toujours pas concrétisée. Après le retrait de près d’un milliard de dollars sur quatre ans pour l’éducation de la maternelle à la 12e année, plusieurs affirment que les promesses électorales ont été diluées. En outre, le plafond de financement de 2 % qui nuit à l’éducation des élèves autochtones depuis plus de 20 ans demeure en place pour l’enseignement postsecondaire. Bref, il reste beaucoup de travail à faire.

Il faut aussi s’attendre à entendre beaucoup parler de réforme électorale. Le comité formé à ce sujet a passé l’été à entendre des témoignages. Il présentera son rapport au Parlement le 1er décembre, en espérant que le gouvernement propose rapidement un projet de loi si l’on veut avoir la moindre chance que des changements soient apportés avant la prochaine élection fédérale. Ceux d’entre vous qui suivent les discussions sur la réforme électorale se souviennent peut‑être que le gouvernement a accepté d’ajouter des membres au comité en fonction du pourcentage des suffrages, mesure qui a été proposée par les néo-démocrates.

Un autre dossier qui pourrait fort bien reprendre cet automne est celui de la loi sur l’aide médicale à mourir, qui a suscité des débats des plus controversés au cours de la dernière session. En dépit des appels constants lancés par des intervenants et des parlementaires, le gouvernement a choisi de faire adopter sa version de la mesure législative et de ne pas tenir compte de plusieurs recommandations suggérées, incluses dans le rapport exhaustif présenté par un comité qu’il avait mis sur pied pour le guider dans un processus imposé par la cour. Nous avons alors compris que ce projet de loi constituerait un défi pour le gouvernement et qu’il se rendrait probablement devant les tribunaux. Après le décès, cet été, d’une Québécoise de 70 ans atteinte de sclérose en plaques, qui n’a ni bu ni mangé pendant 14 jours parce -que la loi ne tenait pas compte de sa situation, on peut s’attendre à une reprise du débat sur ce dossier.

Comme je l’ai dit au tout début, ce ne sont pas les seuls sujets dont le Parlement sera saisi cet automne, mais on ne peut tout simplement pas prévoir ceux qui surgiront au quotidien. Par ailleurs, le gouvernement présentera son programme législatif. Enfin, des dossiers comme l’enquête en cours sur les femmes autochtones assassinées et disparues, l’économie, l’environnement et les questions d’argent retiendront aussi leur part du discours politique. L’automne promet d’être riche en événements, tant pour les parlementaires que pour les Canadiens qui suivent les débats du Parlement.