Qui veut se faire entendre au sujet des microbilles?

En mars dernier, j’ai écrit à propos d’un nouveau danger pour nos cours d’eau : les microbilles de plastique, ces agents abrasifs qui ont remplacé des ingrédients naturels comme le bicarbonate de soude dans certains produits, le dentifrice et le savon liquide notamment. À l’époque, le Parlement avait débattu et finalement adopté une motion des néo-démocrates visant à interdire les microbilles dans les produits de consommation. Aujourd’hui, le gouvernement est en voie de décider comment procéder à leur interdiction. Pour ce faire, il a entrepris un processus de consultation afin d’obtenir des commentaires à cet égard.

Les consultations initiales visaient les entreprises qui devront mettre en place la réglementation qui sera adoptée. Ces consultations se déroulaient sur invitation uniquement. Toutefois, la population peut elle aussi s’exprimer dans le cadre de la période de commentaires en cours de 30 jours. Les témoignages écrits sont acceptés jusqu’au 10 mars.

Ce processus est important, car on en apprend un peu plus chaque jour sur les microplastiques. J’utilise le terme « microplastique » parce que, selon le National Geographic, ce sont toutes les microformes de la substance dont il faut tenir compte et non seulement les billes. Notamment, il faut savoir que les vêtements synthétiques perdent des fibres de microplastique à chaque lavage.

Les microplastiques sont dangereux, car leur taille est si infime que les mangeurs de plancton les confondent avec la nourriture. C’est d’ailleurs ainsi que les microplastiques sont entrés dans la chaîne alimentaire. Avant d’être consommés, ils attirent des toxines qu’ils absorbent comme de mini éponges, et la pollution est amplifiée à mesure qu’elle remonte la chaîne alimentaire jusqu’à nos assiettes.

Il importe d’agir rapidement pour tuer le problème dans l’œuf, car tout indique qu’il évolue rapidement. Les grands coupables sont les produits de soins personnels, pour lesquels on utilise le plastique par souci de commodité aux dépens, dans bien des cas, des abrasifs classiques.

Si le Canada mène à terme son projet d’interdiction, il ne sera pas seul. Aux États-Unis, certains États ont interdit les microbilles ou envisagent de le faire. Certains pays de l’Union européenne veulent eux aussi les interdire. J’aimerais aussi voir toutes les régions des Grands Lacs s’entendre sur ce point également. Devant une telle vague, les entreprises suivront le pas. En fait, la composition de certains produits est déjà en voie d’être modifiée.

Cela dit, nous devons demeurer à l’affût des entreprises qui veulent contourner les règles du jeu. C’est pourquoi le Sierra Club met en garde contre le fait que la réglementation canadienne propose d’autoriser les microbilles plus grosses et plus petites que celles prévues dans la réglementation américaine. L’organisme veut empêcher que le Canada devienne le dépotoir des billes interdites aux États-Unis.

Qu’en pensez-vous? Vous avez votre place dans le processus de consultation. Toute personne qui le souhaite peut envoyer son témoignage écrit (qui doit être reçu au plus tard le 10 mars) à : Division des produits, Environnement et Changement climatique Canada, Place Vincent Massey, 9e étage, 351, boulevard Saint-Joseph, Gatineau (Québec), K1A 0H3, ou à ec.produits-products.ec@canada.ca.