Une protection solide pour nos espaces sauvages

On dit que les parcs nationaux, provinciaux et communautaires du Canada appartiennent à tout le monde. Ces espaces permettent aux Canadiens de partout au pays de profiter de paysages majestueux et de se ressourcer grâce à notre spectaculaire patrimoine naturel. Nous protégeons ces espaces pour le présent, mais également pour nous assurer que les Canadiens des générations futures en bénéficieront.

Les Canadiens sont peut-être persuadés que c’est ainsi, étant donné que le gouvernement a promis de respecter ses engagements internationaux en matière de conservation, c’est-à-dire de protéger 17 % de ses superficies de terre et d’eau douce et 10 % de ses océans d’ici 2020. Le gouvernement a également promis de faire de l’intégrité écologique sa priorité en ce qui concerne la gestion de nos parcs. Les engagements nécessitent toutefois un suivi et un rapport publié par la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) en juillet montre que tous les ordres de gouvernement accusent un retard en ce qui concerne la protection des espaces sauvages et de la biodiversité.

Ce rapport révèle que le Canada n’a protégé que 10,5 % de ses terres et de ses réserves d’eau douce. Le rapport ajoute que pour atteindre l’objectif de 17 % (comme l’a promis le Canada en 2010), il faudra, au cours des deux prochaines années, protéger des parcelles de terre représentant la taille totale de l’Alberta et déclarer qu’elles ne sont pas accessibles au développement. La SNAP signale que les ministres de l’Environnement fédéral, provinciaux et territoriaux se sont rencontrés au début du mois de juillet et qu’ils ont convenu d’établir des plans pour atteindre les cibles du Canada pour 2020 d’ici la fin de l’année en cours. Ils précisent que les plans doivent comprendre les terres et les eaux intérieures qui seront protégées, de même que le nom des partenaires de la collectivité ou des partenaires autochtones qui s’assureront que des protections sont bel et bien mises en place. 

Par la suite, Environnement et Changement climatique Canada a publié une étude sur le parc national Wood Buffalo, qui indique que la quasi-totalité des aspects environnementaux du parc se détériorent en raison des activités industrielles liées à l’hydroélectricité et aux sables bitumineux.  L’étude révèle que des projets d’exploitation des ressources ont eu préséance sur la protection environnementale, à l’intérieur même du parc national. Des aires protégées en apparence continuent donc d’être en danger, ce qui envoie des signaux d’alarme pour toutes les aires qui seront protégées dans le cadre de nos efforts visant à respecter nos engagements pour 2020.

Des dirigeants autochtones et des groupes d’intervenants ont soulevé d’importantes préoccupations quant à l’incapacité du gouvernement fédéral de véritablement accorder la priorité à la conservation et à la préservation de la biodiversité dans nos parcs et dans nos aires protégées. Des groupes comme le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada) ont également exprimé leur inquiétude quant aux faibles protections dont bénéficient nos aires marines de conservation. De fait, on permet que des activités industrielles comme l’exploitation pétrolière et gazière se tiennent à l’intérieur de leurs frontières, ce qui nuit considérablement à leur capacité de préserver la biodiversité.  Il est évident qu’il faut agir dès maintenant. Un rapport publié par le WWF en automne dernier révèle que la moitié des populations de mammifères, d’oiseaux, de reptiles et d’amphibiens du Canada ont chuté en moyenne de 83 % entre 1970 et 2014. 

Malgré ces nouvelles inquiétantes, le Canada a la possibilité de se positionner comme un chef de file mondial de la conservation. Le SNAP estime que nous pouvons viser des cibles plus vastes qui refléteront mieux la connectivité dont nos écosystèmes ont besoin. Pour ce faire, il faudra un leadership solide de la part du gouvernement, de sorte que nos parcs et nos aires protégées ne soient pas que des lignes tracées sur une carte, mais qu’ils soient véritablement protégés pour les générations futures. Des engagements passés comme le Protocole de Kyoto sur les changements climatiques nous ont appris que les engagements ne sont pas toujours assortis de mesures concrètes. Vu l’importance des éléments en jeu, nous ne pouvons pas permettre que cela se reproduise.