Le Supplément de revenu garanti devrait être offert automatiquement à tous les aînés

Le gouvernement est loin de convaincre les Canadiens qu’il partage leurs préoccupations concernant les régimes de retraite. L’an dernier, il a laissé Sears sous-financer son propre régime alors que l’entreprise liquidait ses avoirs en vue de fermer définitivement ses portes. De plus, le gouvernement a présenté un projet de loi qui rendra plus courants les régimes de pensions à cotisations déterminées au Canada. Il a aussi instauré une politique d’inscription automatique au programme de Supplément de revenu garanti (SRG), qui a pour effet d’exclure des aînés auparavant admissibles jusqu’à ce que ceux-ci le réalisent par eux-mêmes.

Certains ont souligné l’iniquité entre ceux qui deviendront admissibles au Supplément et ceux qui le sont déjà. En omettant d’inscrire rétroactivement les aînés admissibles, le gouvernement les prive indûment d’une aide à laquelle ils ont droit et dont ils ont besoin.

La pauvreté chez les aînés est un élément clé des politiques néo-démocrates depuis plus de dix ans. Comme bon nombre de Canadiens, les néo-démocrates estiment que les personnes âgées méritent de vivre leur retraite dans la dignité, sans peiner à joindre les deux bouts. Les porte-parole du parti soutiennent que, par souci d’équité et de compassion, le gouvernement doit impérativement offrir aux aînés tous les avantages qui leur reviennent.

Le problème actuel découle de la décision du gouvernement d’inscrire automatiquement les aînés au SRG lorsqu’ils atteignent 65 ans. Certes, l’initiative constitue un pas dans la bonne direction, mais, comme le processus d’inscription automatique des aînés au SRG ne s’applique qu’aux nouvelles demandes, les personnes qui sont déjà admissibles ne recevront pas toute l’attention et l’aide dont ils ont besoin de la part du gouvernement.

Les partisans et les détracteurs affirment que le problème peut être aisément réglé et qu’il doit l’être, étant donné qu’un trop grand nombre de personnes âgées à faible revenu ne sont même pas conscientes qu’elles ont droit au Supplément de revenu garanti. En effet, selon la Fédération de l’âge d’or du Québec, plus de 444 000 aînés à faible revenu sont actuellement admissibles au programme du SRG et n’y sont pas inscrits. On imagine aisément qu’une proportion semblable de personnes âgées connaissent la même situation dans le reste du Canada, ce qui porterait à plus de 1,5 million le nombre d’aînés admissibles ne touchant pas de prestation.

C’est précisément pourquoi les néo-démocrates réclament depuis longtemps l’inscription automatique au SRG pour les aînés admissibles. La tâche consistant à ajouter les non-inscrits, peu importe leur nombre, n’est pas insurmontable pour le gouvernement, loin de là. Il suffit d’assurer que les aînés touchant la Sécurité de la vieillesse soient aussi inscrits au programme du Supplément de revenu garanti. Ceux qui ne répondent pas aux critères ne toucheront pas de prestations et ceux qui y répondent recevront l’aide à laquelle ils ont droit.

Rien n’empêche le gouvernement d’appliquer rétroactivement l’inscription automatique. Plutôt que d’abandonner les personnes âgées à leur sort, le Canada devrait veiller à ce qu’elles ne vivent pas une retraite difficile, étant donné la contribution qu’elles ont faite au pays. Voilà pourquoi les néo‑démocrates, de concert avec les aînés et les intervenants, poursuivront leurs efforts en vue d’assurer aux personnes âgées l’appui nécessaire pour qu’elles vivent leur retraite dans la dignité.